La Réserve fédérale américaine (Fed) peut attendre avant de relever de nouveau ses taux directeurs pour combattre l’inflation, a estimé mardi le président de la Fed de New York, soulignant néanmoins qu’une hausse risquait de s’imposer «en fin d’année».
«Vu la décision de politique que nous avons prise lors de notre réunion de septembre (une hausse des taux d’un quart de point, NDLR), il n’y a pas un besoin urgent d’agir, et nous disposons de temps pour recueillir davantage d’informations», a déclaré dans un discours John Williams, une voix influente de la politique monétaire américaine.
«Un nouveau relèvement des taux directeurs pourrait être approprié en fin d’année afin de ramener l’inflation vers l’objectif (de 2%) dans un délai plus raisonnable», a ajouté le responsable.
Sa prise de parole devant l’université de Buffalo (nord-ouest de l’Etat de New York) est de nature à faire douter les investisseurs quant à la prochaine décision de politique monétaire.
Ils s’attendaient jusqu’ici majoritairement à ce que la banque centrale des Etats-Unis continue de serrer la vis lors de sa prochaine réunion, fin octobre, selon l’outil de veille CME FedWatch.
Le dernier huis clos monétaire de 2026 se tiendra six semaines plus tard, début décembre.
«Ce qui est clair aujourd’hui, c’est que l’inflation est trop élevée», a déclaré plus tôt dans la journée un gouverneur de la Fed, Michael Barr.
«Nous avons besoin de recalibrer notre politique (...). D’autres ajustements de politique (monétaire) seront probablement nécessaires pour faire revenir l’inflation vers l’objectif dans un délai raisonnable», a-t-il poursuivi, sans donner d’indice sur le calendrier qu’il a en tête.
La Fed surveille l’indice PCE d’inflation, qui était en progression de 3,7% en juillet, bien au-dessus de son objectif d’une hausse des prix contenue à 2%.
Les chiffres pour août seront publiés ce mercredi.
Les taux directeurs, qui guident les coûts d’emprunt, sont actuellement entre 3,75% et 4%.