Les Bourses mondiales sont gagnées par la prudence mardi, l’optimisme du début de séance s’essoufflant progressivement, dans l’attente d’avancées diplomatiques concrètes sur le conflit entre l’Iran et les Etats-Unis.
En Europe, après une journée passée en franche hausse, les indices ont fini sans élan. Francfort a terminé à l’équilibre (+0,02%), Londres a reculé de 0,29% et Milan de 0,53%. Seule Paris a avancé de 0,20%.
A Wall Street, vers 16h00 GMT, après une ouverture dans le vert, le Dow Jones cédait 0,59%, et l’indice élargi S&P 500 était proche de l’équilibre (-0,06%). Le Nasdaq prenait 0,25%.
Les investisseurs ont les yeux rivés sur le sommet annuel des Nations Unies qui a démarré mardi, sur fond de guerre au Moyen-Orient.
Dans son discours à l’Assemblée générale, Donald Trump a dit qu’il devait décider entre «anéantir» l’Iran ou passer un «accord» avec Téhéran, tout en assurant croire à un accord juste après les élections» législatives prévues aux Etats-Unis en novembre.
Ces déclarations ont brouillé les perspectives des marchés, qui avaient démarré la séance dans l’optimisme, portés par «une succession de nouvelles positives et une baisse du pétrole», explique à l’AFP Charlotte de Montpellier, économiste pour la banque ING.
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a en effet réitéré mardi que les Etats-Unis sont «ouverts» à une rencontre avec le président iranien même si aucun rendez-vous n’est programmé à ce stade.
Et selon un article de l’agence de presse japonaise Kyodo News, «l’Iran a proposé de rouvrir le détroit d’Ormuz sous sept jours si les Etats-Unis prennent des premières mesures en vue d’alléger la pression militaire».
Fin de la baisse du pétrole
Après avoir cédé plus de 2%, le Brent, référence du brut, ne reculait plus que de 0,07% vers 16h00 GMT, et repassait au-dessus du cap symbolique des 100 dollars, à 100,27 dollars. Le WTI américain prenait lui 0,34% à 96,11 dollars.
Le dollar, monnaie d’échange internationale pour le marché du pétrole, grimpait à nouveau face à l’euro (+0,28%) à 1,1433 dollar pour un euro, après avoir reculé une partie de la séance, en corrélation avec la variation des cours du pétrole.
Et sur le marché obligataire, les taux repartent aussi à la hausse. Le taux américain à dix ans se hissait à 4,97%, contre 4,95% la veille.
Son équivalent allemand, référence sur le continent européen, atteignait 3,46%, contre 3,45% la veille en clôture. Le taux français grimpait davantage (à 4,50%, contre 4,47% la veille), sur fond de situation budgétaire et politique tendue dans l’Hexagone.
La tech marque une pause
Après avoir grimpé la veille, grâce au regain d’engouement pour l’IA sur les marchés, le secteur de la tech américaine faisait lui une pause mardi. A Wall Street, Microsoft cédait 1,38%, Nvidia prenait 0,37% et Broadcom était stable (-0,01%).
Le secteur avait été porté lundi par le succès de l’agent de Meta, Muse, qui «a grimpé en tête du classement des applications gratuites les plus téléchargées sur l’App Store d’Apple», relève Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Lundi, AMD est même devenu la 16e entreprise dont la capitalisation dépasse les 1000 milliards de dollars, aux côtés de tous les géants américains (Nvidia, Apple, Alphabet...). Son titre prenait encore 0,67% mardi.
En Europe, le secteur des semi-conducteurs a continué de profiter de la dynamique: Infineon a pris 3,16% à Francfort, ASML 1,76% à Amsterdam et STMicroelectronics 4,37% à Paris.
Kingfisher relève ses prévisions
Le groupe britannique de magasins de bricolage Kingfisher, propriétaire en France de Castorama et Brico Dépôt, a de nouveau vu ses résultats grimper au premier semestre, tirés par les ventes aux professionnels et en ligne, et a relevé mardi ses objectifs annuels.
Les investisseurs ont salué cette publication et le titre de l’entreprise a pris 12,43% à Londres.