- Les rachats d’actions mondiaux bondissent de 26,8%, portés par la technologie et l’IA
- Les rachats d'actions mondiaux ont atteint 572,0 milliards de dollars au T2 2026, en hausse de 26,8% sur un an
- La Suisse s’est classée au troisième rang de la région pour les rachats d’actions, avec 2,9 milliards de dollars distribués.
- Le secteur technologique devient, devant le secteur financier, la première source de rachats d'actions, avec des rachats de 121,1 milliards de dollars d'actions
- Les dividendes mondiaux ont atteint 757,8 milliards de dollars, avec une croissance sous-jacente de 7,3%
- Les dividendes des entreprises suisses ont atteint 34,6 milliards de dollars – Zurich Insurance Group et UBS Group ont largement contribué à la croissance en Suisse.
- Le secteur financier est resté le premier contributeur aux versements de dividendes mondiaux, distribuant 239,7 milliards de dollars, soit une hausse de 8,1%
- La croissance sous-jacente des dividendes européens s'est élevée à 3,2%. La France a été le premier contributeur du continent avec 70,4 milliards de dollars, suivie par l'Allemagne avec 51,3 milliards de dollars.
- Janus Henderson prévoit une croissance des dividendes mondiaux de 5 à 6% sur l’année 2026 et une hausse des rachats d'actions de 7 à 8%
Selon le dernier rapport trimestriel de Janus Henderson, les versements de dividendes mondiaux sont restés résilients, atteignant 757,8 milliards de dollars au T2. La croissance sous-jacente des dividendes s'est établie à 7,3%, avec une croissance sous-jacente positive enregistrée dans toutes les régions couvertes par l'indice. La croissance globale a été plus faible, à 3,2%, reflétant en grande partie des effets de calendrier de versement.
Les rachats d'actions mondiaux ont bondi de 26,8% sur un an, pour un montant total de 572,0 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, portés par une rentabilité accrue des entreprises technologiques et financières.
Le secteur technologique a porté cette progression, dépassant le secteur financier pour devenir la première source de rachats d'actions au niveau mondial ; les entreprises ayant racheté pour 121,1 milliards de dollars d'actions au cours du trimestre. Grâce à une forte rentabilité, les grandes entreprises technologiques ont pu jusqu'à présent conjuguer d'importants retours aux actionnaires, avec une hausse des investissements dans les infrastructures d'IA, notamment les data centers et les capacités de calcul. La technologie a également enregistré la plus forte croissance sous-jacente des dividendes de tous les secteurs, à 23,5%, avec des versements totalisant 70,5 milliards de dollars.
Le secteur financier demeure une puissante source de distribution aux actionnaires
Les valeurs financières ont continué de jouer un rôle central dans les rendements de capitaux à l'échelle mondiale. Les banques, après plusieurs années de redressement, ont retrouvé des niveaux de dividendes plus proches de leurs moyennes historiques et ont eu de plus en plus recours aux rachats d'actions pour restituer leurs excédents de capital. Le secteur est resté le premier contributeur aux dividendes mondiaux, avec 239,7 milliards de dollars distribués au T2 et une croissance sous-jacente de 8,1%.
Le secteur industriel arrive en deuxième position, avec 86,6 milliards de dollars versés, et compte notamment plusieurs grands payeurs français, parmi lesquels Bolloré, Airbus et Schneider Electric.
Les entreprises technologiques continuent de générer des flux de trésorerie exceptionnels et jouent un rôle de plus en plus important en matière de versement de dividendes, même si les rachats d'actions représentent toujours une part bien plus importante des rendements offerts à leurs actionnaires.
Les pressions sur la consommation en Europe révèlent un défi plus structurel
L'Europe, hors Royaume-Uni, a été le plus grand contributeur régional aux dividendes au T2, avec 242,3 milliards de dollars distribués, ce qui s’explique par la concentration saisonnière du versement des dividendes européens sur ce trimestre. La croissance a toutefois été modeste, à 3,2%, comparée à la croissance plus soutenue sur des marchés tels que le Royaume-Uni, le Japon et l'Amérique du Nord.
La valeur des dividendes versés par les entreprises suisses a atteint 34,6 milliards de dollars. La croissance sous-jacente, à 2,3%, est restée inférieure à la moyenne de l’indice global, tandis que le montant total a reculé de 2,4% sur un an. L’écart entre ces deux taux s’explique principalement par un effet de calendrier, ABB ayant avancé son versement du T2 2025 à la fin du T1 2026.
Les groupes de services financiers Zurich Insurance Group et UBS Group ont largement contribué à la croissance en Suisse au cours du trimestre. Zurich Insurance Group a relevé son dividende par action de 28 CHF au T2 2025 à 30 CHF au T2 2026, tandis que sa principale division, Property & Casualty, a enregistré des résultats records. UBS a, pour sa part, augmenté son dividende par action de 22,2% au T2, soutenue par une croissance robuste de ses activités Investment Banking et Global Markets.
En matière de rachats d’actions, la Suisse s’est classée au troisième rang de la région au T2 2026, avec 2,9 milliards de dollars distribués. Cela représentait environ 15,0% du total régional.
La faiblesse de la consommation devient de plus en plus visible dans certaines parties du marché européen, en particulier chez les constructeurs automobiles. La demande plus faible est aggravée par une concurrence croissante des constructeurs chinois de véhicules électriques, ce qui crée un défi structurel pour les constructeurs automobiles européens.
Perspectives pour l’année 2026
Janus Henderson prévoit une croissance des dividendes mondiaux comprise entre 5 et 6% en 2026, tandis que les rachats d'actions devraient progresser d'environ 7 à 8%.
Les perspectives du versement des dividendes restent soutenues par la résilience des bénéfices des entreprises et une forte création de trésorerie dans les secteurs financier et technologique. Les dividendes demeurent relativement bien protégés, les entreprises accordant généralement une grande importance au maintien des distributions régulières, même lorsque le contexte économique se durcit.
Marc Theis, Country Head Suisse & Liechtenstein chez Janus Henderson, commente: «La Suisse continue de se distinguer comme un marché où les entreprises combinent de solides distributions de dividendes avec d’importants rachats d’actions. Si la croissance des dividendes en Suisse est restée relativement modérée au deuxième trimestre, les fondamentaux demeurent robustes. De grands groupes financiers tels que Zurich Insurance et UBS y ont apporté une contribution importante. Parallèlement, la troisième place de la Suisse en Europe en matière de rachats d’actions souligne la solidité financière de nombreuses entreprises suisses et leur capacité à restituer de manière flexible leurs liquidités excédentaires aux actionnaires.»
Jane Shoemake, responsable de la gestion de portefeuille actions (CPM) EMEA chez Janus Henderson, explique: «Nous assistons à une évolution de la manière dont les entreprises envisagent la restitution du capital. Les dividendes restent un engagement important à long terme, mais les rachats d'actions offrent aux équipes de direction une bien plus grande marge de manoeuvre pour s'adapter à l'évolution de leurs priorités. Cette flexibilité est particulièrement importante dans le secteur des technologies, où l'ampleur des investissements dans l'IA oblige les entreprises à concilier retours aux actionnaires et besoins de capitaux considérables. À mesure que ces besoins d'investissement augmentent, les rachats d'actions seront probablement le premier levier ajusté par les entreprises, plutôt que les dividendes réguliers. Cette même distinction permet d'expliquer ce que nous observons dans le secteur financier. Les banques ont passé plusieurs années à reconstituer leurs bases de dividendes et recourent désormais de plus en plus aux rachats d'actions pour redistribuer un excédent de capital sans s'engager à verser des montants durablement plus élevés. Plus largement, ce marché devient beaucoup plus sélectif: de solides bénéfices continuent de soutenir les retours aux actionnaires, mais l'origine de cette croissance dépend des forces structurelles et concurrentielles propres à chaque secteur.»
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