Le yen continue de grimper jeudi, porté par les attentes d’un futur rehaussement des taux directeurs japonais, le marché s’interrogeant aussi sur une possible intervention de Tokyo sur le marché des changes afin de renforcer la devise nationale.
Vers 11H50, la monnaie nippone bondissait de 1,51% par rapport au billet vert à 156,31 yens pour un dollar, après s’être déjà envolée la veille.
En deux jours, le yen a gagné environ 2,4% par rapport à la devise américaine.
Ce mouvement brusque «souligne la nervosité du marché avant la décision de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ) dévoilée le 18 septembre, où il est largement escompté que la banque centrale relèvera ses taux», souligne Stephen Innes, analyste chez Quintex Intel.
Deux responsables monétaires japonais dont le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, ont récemment pointé en ce sens, étant donné aussi que le taux d’inflation sous-jacent au Japon s’est rapproché en août de la cible de 2% sur un an visée par la banque centrale.
Le yen avait atteint cet été son plus faible niveau en quatre décennies, affaibli par la dépendance de l’archipel aux hydrocarbures importés du Moyen-Orient, dont le cours a flambé avec la guerre.
Pour soutenir le cours de la devise nippone, Tokyo et Washington avaient procédé fin juillet à une intervention conjointe sur le marché des changes.
La banque centrale japonaise a dépensé à ces fins l’équivalent de 96 milliards de dollars entre fin juillet et fin août, la plus importante intervention mensuelle jamais enregistrée.
La hausse soudaine du yen mercredi «a ravivé les spéculations sur une nouvelle vague d’interventions», mais «les traders doutent» qu’elle ait déjà eu lieu, «étant donné l’absence de perturbations sur les systèmes électroniques» sur lesquels s’échangent les devises, constate Chris Turner, d’ING.
Mais «les traders sont en état d’alerte renforcée face au risque d’une future intervention autour de la prochaine réunion de politique monétaire de la BoJ, car une période de trois jours fériés suivant la décision offre aux autorités l’occasion d’agir sur un marché moins liquide», chose qu’ils ont déjà fait par le passé, précise M. Innes.
Le billet s’affichait aussi maussade après les données faibles sur l’emploi américain parues la veille, perdant 0,15% face à la monnaie unique européenne, à 1,1606 dollar pour un euro.
Au cours de la séance, les cambistes scruteront plusieurs publications concernant les Etats-Unis : la balance commerciale pour juillet, et l’indice d’activité dans les services ISM pour août.
L’or grimpait lui de 1,03%, à 4427,23 dollars, en tant que valeur refuge concurrente du dollar.