Le dollar patiente jeudi, tiraillé entre une inflation plus forte que prévue aux Etats-Unis et un apaisement dans le détroit d’Ormuz susceptible de freiner la hausse des prix, et avant davantage d’indications provenant de la conférence de Jackson Hole.
Le président de la Réserve fédérale (Fed) Kevin Warsh, en poste depuis mai, doit prononcer un discours lors de cette rencontre annuelle des banquiers centraux dans le Wyoming.
Il s’agit d’»un événement potentiellement déterminant pour le marché des changes, et les investisseurs pourraient être réticents à accumuler des positions excessives pariant sur la baisse du dollar aujourd’hui», pense Francesco Pesole, d’ING, qui constate un certain «attentisme».
«Les statistiques publiées mercredi aux Etats-Unis ont été mitigées, apportant un certain soutien au dollar mais sans résoudre le casse-tête du marché concernant la réunion du Comité monétaire de la Fed de septembre», souligne l’analyste, bien que le marché parie encore majoritairement sur un statu quo plutôt qu’une hausse de taux.
L’indice PCE de juillet a stagné par rapport au mois précédent, à 3,7% sur un an, soit davantage que les prévisions des analystes qui misaient sur un léger ralentissement. La croissance au second trimestre est aussi restée stable, à 1,5%.
Par ailleurs, la semaine dernière, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé doper les rachats d’obligations à long terme, dans le but d’apaiser les coûts d’emprunt des Etats-Unis.
Certains observateurs du marché estiment que cela pourrait compliquer la transmission de la politique monétaire et donc la lutte de la Fed contre l’inflation, en faussant les signaux. Les taux obligataires resteraient bas non pas parce que les investisseurs jugent la situation économique saine, mais parce que le Trésor soutient artificiellement les prix.
«Pour que le dollar préserve ses gains, la réponse de Kevin Warsh (...) doit être claire et ferme: il doit convaincre les investisseurs que la Fed restera indépendante, avec pour objectif de ramener l’inflation à 2% tout en limitant l’impact sur le marché de l’emploi», estime Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Vers 11h25 (heure suisse), le billet vert grappillait 0,05% face à la monnaie unique européenne, à 1,1645 dollar pour un euro.
Les négociations entre Oman et l’Iran pour un «couloir temporaire» de navigation dans le détroit d’Ormuz ont permis aux cours du brut de retomber ces derniers jours, malgré une nouvelle attaque de navire cette nuit.
De quoi potentiellement offrir «un certain répit sur le front de l’inflation, mais le risque géopolitique n’a pas disparu», soulignent Daria Efanova et Viktoria Kuszak, analystes chez Sucden.