L’assainissement des sites pollués au mercure dans le Haut-Valais par l’entreprise Lonza franchit une étape importante. Les principaux travaux prévus dans les zones habitées et agricoles situées entre Rarogne, Niedergesteln et Viège vont s’achever, fin août.
Cette pollution avait été découverte, en 2010, dans le cadre des travaux de construction de l’autoroute A9. «Les sols situés entre Viège et Niedergesteln ont alors fait l’objet d’investigations systématiques et les parcelles concernées ont été délimitées», a rappelé, lors d’une partie officielle mardi à Rarogne, la cheffe du Service valaisan de l’Environnement (SEN), Christine Genolet-Leubin.
En collaboration avec l’Etat du Valais et les communes concernées, l’entreprise Lonza, responsable de cette pollution, a élaboré une stratégie globale pour résoudre le problème.
«Le temps nécessaire»
En 2016, l’entreprise haut-valaisanne a réalisé de premiers assainissements-pilotes dans les zones habitées, afin de tester différents procédés techniques. En 2017, une première phase d’assainissements systématiques a débuté dans les zones habitées pour les sols présentant une teneur supérieure à 2 mg de mercure par kg de sol. Lonza a organisé les travaux par quartiers, en alternance entre Rarogne et Viège, afin de procéder de manière coordonnée.
«Nous avons voulu rapidement régler le problème (ndlr: lorsque nous en avons pris connaissance), mais il a tout de même fallu prendre le temps nécessaire pour y parvenir», a résumé le directeur du site Lonza de Viège, Renzo Cicillini. «Aujourd’hui, nous voulons apprendre de ce passé en intégrant désormais les questions environnementales (ndlr: à nos projets).»
Une question de responsabilité
«Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants», a souligné, de son côté, Franz Ruppen, le conseiller d’Etat valaisan en charge de la mobilité, du territoire et de l’environnement, citant l’auteur Antoine de St-Exupéry. «Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous avons la responsabilité d’agir aujourd’hui pour ne pas transmettre, demain, des problèmes que nous sommes en mesure de résoudre.»
Au total, Lonza a assaini plus de 100’000 mètres carrés de sols dans les zones habitées. Les mesures ont consisté en un remplacement ciblé des sols. Les matériaux pollués ont été excavés et remplacés par des terres propres. Une fois les travaux achevés, les parcelles ont été remises en état et rendues à nouveau utilisables.
3,5 tonnes retirées
La deuxième phase a consisté à s’occuper de 60’000 mètres carrés de surfaces agricoles. Les sols présentant une teneur supérieur à 7 mg par kilo de sol ont été assainis. Les travaux à grande échelle ont démarré en 2023. A l’issue de ceux-ci, une phase de gestion culturale spécifique de 2 ans a été mise en place, afin de stabiliser la structure des sols et d’assurer leur fertilité à long terme.
Sur une surface totale de 170’000 mètres carrés concernés par cette pollution, quelque 160’000 tonnes de matériaux terreux pollués ont été excavées, traitées et éliminées. Une grande partie a pu être valorisée. Les mesures réalisées jusqu’à présent ont permis de retirer un total 3551 kg de mercure des sols haut-valaisans.
Suivi de la situation
«Au total, nous avons payé 93,5% des 51 millions de francs qu’ont coûté ces travaux (ndlr: environ 47,5 milions de francs)», dévoile Renzo Cicillini. Le reste de la facture a été réglé par l’Etat du Valais (2 millions de francs) et les communes concernées (1,5 million de francs). Et de préciser: «dans ce dossier, nous assumerons les éventuelles pollutions que nous n’avons pas encore découvertes jusqu’ici.»
«La situation continuera d’être suivie et, là où cela sera nécessaire, des investigations ou des mesures complémentaires seront menées», confirme Franz Ruppen.
D’autres investigations sont encore en cours dans le secteur du «Grossgrundkanal». Elles visent à y évaluer les impacts de la présence du mercure sur l’environnement. Concernant l’ancienne décharge de Gamsenried, les travaux devraient débuter entre la fin de l’année 2026 et le début 2027, selon Lonza.