Le fonds souverain de la Norvège, le plus gros au monde, a gagné 1753 milliards de couronnes (150 milliards de francs) depuis le début de l’année, tiré notamment par les valeurs asiatiques de la tech, a-t-il annoncé mercredi.
Ce gain, le plus important en couronnes de son histoire, correspond à un rendement de 9,4% et s’explique par un fort rebond au deuxième trimestre puisque le fonds avait perdu 58 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année.
Fin juin, sa valeur atteignait la somme vertigineuse de 22’683 milliards de couronnes, soit 1936 milliards de francs.
«Le résultat s’explique par les bonnes performances des marchés actions, en particulier des valeurs technologiques asiatiques», a expliqué le directeur du fonds, Nicolai Tangen, cité dans un communiqué.
Alimenté par les revenus pétroliers de l’Etat norvégien, le fonds était à la fin juin investi en actions à travers le monde à hauteur de 72,1%, en obligations (25,8%), dans l’immobilier (1,6%) et dans les projets d’énergies renouvelables non cotés (0,5%).
Les placements en actions ont rapporté 13% sur le semestre.
Le fonds est le plus gros investisseur unique au monde. Détenant des participations dans près de 7.100 entreprises, il contrôle en moyenne 1,5% de chaque groupe coté sur la planète.
En valeur, ses placements les plus importants sont dans Nvidia (612 milliards de couronnes), Apple (522 milliards), Alphabet (499 milliards), Microsoft (347 milliards) et TSMC (332 milliards).
Malgré sa taille, Nicolai Tangen a estimé mardi possible que le fonds, censé s’inscrire dans le temps long et bénéficier aux futures générations, parte en fumée en cas de catastrophe majeure (guerre nucléaire, terrorisme biologique) ou de grande dépression similaire à celle de 1929.
«Aucun pays dans l’histoire n’est parvenu à conserver durablement une fortune aussi considérable. Les fortunes finissent toujours par disparaître», a-t-il rappelé lors d’un discours à Arendal, ville du sud de la Norvège où l’élite du pays est réunie cette semaine.
Les placements obligataires ont, eux, pris 0,9% sur le semestre, et l’immobilier 3%. Les investissements dans les énergies renouvelables ont en revanche affiché un rendement négatif de 0,2%.