Dollar sous pression, semaine chargée en banques centrales

UBP

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Semaine test pour les banques centrales, avec les décisions de la RBA (Australie) et de la Norges Bank (Norvège), deux statu quo attendus, mais dont le ton sera scruté.
  • Le dollar américain (USD) s'est affaibli à la suite de la publication de chiffres décevants concernant l'emploi non agricole (NFP) pour le mois de juillet; à noter que l'attention se porte désormais sur les chiffres de l'IPC (CPI) de juillet.
  • Le yen (JPY) s'est déprécié au cours de la semaine, alors que les marchés ont résisté face aux efforts d'intervention du ministère des Finances (MoF).
  • Le dollar canadien (CAD) s'est apprécié grâce à des chiffres du marché du travail meilleurs que prévu.

USD – Des chiffres NFP décevants à l’approche de l’IPC (CPI)

La semaine dernière, le dollar américain (USD) a reculé à la suite de la publication des chiffres sur l’emploi non agricole (NFP) pour le mois de juillet. Le chiffre global («headline») pour le NFP sur juillet s’est établi à -23’000, contre des prévisions de 80’000. La révision des chiffres de l’emploi sur 2 mois s’est élevée à -103’000, ce qui témoigne d’un ralentissement de la croissance de l’emploi. La rémunération horaire moyenne n’a progressé que de 0,1% en glissement mensuel (m/m), ce qui indique un essoufflement significatif de la croissance des salaires. Dans l’ensemble, ces données montrent que le marché du travail américain n’est pas aussi robuste qu’on le pensait auparavant. Les marchés ont réagi en anticipant une seule hausse des taux de 25 points de base (pb) d’ici au premier trimestre 2027.

Les rendements américains à court terme ont baissé d’environ 5 pb, ce qui a donné un nouvel élan à la hausse pour la parité EUR/USD. Nous notons que les spreads de swap à deux ans ont évolué de quelque 20 pb en faveur de l’euro ces dernières semaines. Les investisseurs avaient accru leurs positions courtes nettes sur l’euro avant la publication des chiffres de l’emploi non agricole (NFP), et ceci a laissé place à un «short squeeze».

Le principal risque d'événement pour l’USD au cours de la semaine à venir est la publication des données de l’IPC (CPI) pour juillet, qui devraient s’établir à 3,4% en glissement annuel (y/y), en baisse par rapport au chiffre de juin (3,5% y/y). Nous notons que la dynamique de l’inflation, telle que mesurée par la moyenne mobile sur 6 mois des variations mensuelles, a atteint un plus haut en mai. Si les données globales («headline») et sous-jacentes («core») ne montrent aucune hausse en glissement mensuel, les marchés pourraient ne plus intégrer dans les prix une éventuelle remontée des taux en septembre, ce qui créerait des risques haussiers pour la parité EUR/USD à court terme.

Les investisseurs devraient se garder de tirer des conclusions hâtives de la conjonction entre la réunion de la Fed de juillet et la détérioration des données du marché du travail américain.

L’USD devrait continuer à afficher un niveau élevé de «carry» (portage) sur les échéances courtes ces prochains mois, ce qui limite les possibilités d’un affaiblissement significatif du billet vert. Nous anticipons que l’indice du dollar américain pourrait revenir vers sa fourchette de trading antérieure, comprise entre 96,00 et 100,00, et ceci ne devrait pas changer la donne.

JPY – L'intervention s'est avérée inefficace

La semaine dernière, la parité USD/JPY s'est appréciée pour atteindre des niveaux avoisinant les 158. Cette évolution reflète la reprise des pressions à la baisse sur le yen, à la suite de la récente intervention conjointe qui avait fait reculer la parité USD/JPY à 156. Bien que l'intervention ait ralenti le rythme effréné des ventes à découvert («short-selling») sur le yen, les facteurs fondamentaux justifiant la dépréciation du JPY restent inchangés. Les données publiées la semaine dernière ont révélé que les dépenses des ménages japonais en juin avaient chuté bien plus que prévu. De plus, les enquêtes dans le secteur des services ont également signalé un ralentissement de la croissance de la demande, ce qui a conduit les marchés à continuer de considérer comme limitées les perspectives d’un resserrement monétaire plus rapide de la Banque du Japon (BoJ).

Nous notons que la Banque centrale européenne (BCE) n’a pas été prévenue de la vente par le Trésor américain de ses réserves en EUR en vue d’intervenir sur les taux de change du yen. Cela met en évidence un manque apparent de coordination entre les principales banques centrales sur cette question – même s’il ne faut pas en exagérer l’importance.

Les publications de données clés concernant le yen sont limitées pour la semaine à venir, et l’évolution des cours devrait continuer à être déterminée par l’évaluation, par les marchés, du risque d’une nouvelle intervention. Nous notons que les données de l’International Money Market (IMM) font toujours état d’une importante position courte nette sur le yen, ce qui indique que les positions «short» sur le JPY demeurent recherchées en raison des écarts de rendement substantiels et de la lenteur du cycle de hausse des taux de la BoJ. Nous anticipons que la pression haussière sur la parité USD/JPY se maintiendra à court terme. Nous restons cependant prudents quant à la possibilité d’une nouvelle intervention du ministère des Finances (MoF) autour du niveau de 160 USD/JPY, en notant que ce dernier pourrait profiter des moments de faiblesse du dollar américain pour agir en ce sens.

AUD – Focus sur la RBA

La semaine dernière, la paire AUD/USD s'est appréciée, pour dépasser le seuil des 0,70. Cette évolution reflète une vigueur modeste du dollar australien (AUD). Les données publiées au cours de la semaine ont montré que l'excédent commercial de l'Australie avait augmenté bien au-delà des prévisions en juin, porté par les exportations vers la Chine. Les dépenses de consommation ont également progressé plus qu’attendu, indiquant que la consommation a bien résisté au resserrement des conditions financières en Australie. Ces données ont contribué à stabiliser les anticipations concernant les taux d’intérêt australiens, ce qui a soutenu la paire AUD/USD jusqu’au week-end, parallèlement à la forte hausse des cours du cuivre et de l’or.

La Banque centrale d’Australie (RBA) se réunira la semaine prochaine pour statuer sur les taux d’intérêt et devrait les maintenir à 4,35% à l’unanimité. Les données d’inflation récemment publiées, inférieures aux prévisions, ont placé la RBA dans une position plus favorable pour un cycle de resserrement plus lent et un maintien prolongé des taux à un niveau élevé. Toutefois, cela a constitué un frein pour l’AUD, les marchés ayant repoussé leurs anticipations de nouvelles hausses plus loin sur l’année 2027. La gouverneure de la RBA, Michele Bullock, devrait maintenir un ton «hawkish» dans ses communications et insister sur la possibilité de hausses à court terme. Dans l’ensemble, nous ne prévoyons pas d’augmentation significative de la paire AUD/USD à court terme, et les fourchettes de trading récentes devraient prévaloir.

NOK – La Norges Bank sous les projecteurs

La Banque centrale de Norvège (Norges Bank) se réunira la semaine prochaine pour fixer ses taux d’intérêt et devrait, selon les prévisions générales, les maintenir inchangés, à 4,25%. Les dernières données de l’indice des prix à la consommation (IPC; CPI) ont montré que les prix avaient augmenté de 2,7% en glissement annuel (y/y) en juin – un chiffre bien inférieur aux prévisions de la Norges Bank (3,2% y/y) et qui remet quelque peu en question la conviction du Comité de politique monétaire (MPC) selon laquelle une nouvelle hausse sera nécessaire en 2026.

En conséquence, les données de l’IPC (CPI) de juillet, publiées avant la décision, constituent désormais un risque d'événement plus important pour la NOK. Les marchés des swaps sur la NOK n’anticipent actuellement pas de hausse complète avant décembre et, si les données se rapprochent des projections de la Norges Bank, nous estimons qu’il existe un risque accru que les anticipations soient avancées aux réunions de septembre ou de novembre; lors de ces réunions, la NOK devrait s’apprécier face à la SEK en raison de la divergence de politique monétaire par rapport à la Riksbank, moins restrictive. La parité EUR/NOK devrait évoluer vers la limite supérieure de ses fourchettes récentes, compte tenu de l’évolution substantielle des spreads à court terme en faveur de l’euro. Nous ne nous attendons pas à ce que le message du Comité devienne significativement accommodant («dovish») après la réunion et prévoyons que la NOK restera soutenue dans ses fourchettes récentes à court terme.

CAD – Amélioration des données sur le marché du travail

La paire USD/CAD s'est affaiblie pour s'établir sous la barre des 1,40, à la suite de la publication des données sur le marché du travail aux Etats-Unis et au Canada. Les chiffres de juillet ont montré que les employeurs canadiens ont créé plus de 70’000 emplois en juillet, un niveau bien supérieur aux prévisions. Ces tendances divergentes sur le marché du travail ont profité au CAD; toutefois, nous ne prévoyons pas de changements significatifs dans les anticipations de taux de la Banque du Canada (BoC), au vu des pressions inflationnistes toujours modérées. Cela devrait limiter les risques de baisse pour la paire USD/CAD à court terme. Dans l’ensemble, nous n’entrevoyons rien qui puisse pousser la paire USD/CAD vers une fourchette de trading nettement plus basse à court terme.

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