Adecco poursuit sa croissance, soutenu par les Amériques

AWP

2 minutes de lecture

D’avril à la fin juin, le chiffre d’affaires de l’entreprise zurichoise atteint 5,99 milliards d’euros (5,6 milliards de francs), soit une hausse de 4% sur un an. L’action lâche 3,3% à la clôture.

Le spécialiste du recrutement et du travail temporaire Adecco a enregistré des revenus et une rentabilité en hausse et par-delà les attentes au deuxième trimestre, portés notamment par une solide dynamique aux Amériques. Son bénéfice et sa marge brute ont en revanche reculé. La France, son principal débouché, fait face à un ralentissement.

D’avril à la fin juin, le chiffre d’affaires de l’entreprise zurichoise a atteint 6,0 milliards d’euros (5,6 milliards de francs), soit une hausse de 4% sur un an, annonce un communiqué publié jeudi. En termes organiques, la croissance s’est affichée à 5,6%, en progression pour le cinquième trimestre consécutif.

Les effets de change ont eu un impact négatif net d’environ 200 points de base, tandis que les jours ouvrés n’ont eu aucun impact significatif sur le chiffre d’affaires, est-il précisé.

Les Amériques ont largement contribué à cette performance grâce notamment aux biens de consommation, les recettes du groupe y progressant de 18% en glissement annuel, tandis que la croissance organique s’y est montée à 12%. En Asie-Pacifique, les revenus ont grimpé de 5% et la croissance organique s’est élevée à 10%, tirés par l’aérospatial, la défense et l’industrie manufacturière, entre autres.

En France en revanche, premier marché d’Adecco, les affaires sont décrites comme «mitigées». Si les secteurs de la logistique et du transport traversent une phase de contraction et que le secteur de la santé pèse également négativement sur les volumes de recrutement, la société indique que les secteurs manufacturier et automobile ont démontré «une bonne performance».

Les recettes sont ainsi restées stables dans l’Hexagone à 1,13 milliard, quand la croissance organique a fléchi de 1%.

L’IA pour recette

Le résultat opérationnel (Ebita) ajusté du groupe a bondi de 16% à 165 millions d’euros, pour une marge afférente de 2,8%, en hausse de 30 points de base. «Cette amélioration reflète un fort effet de levier opérationnel et une gestion rigoureuse des capacités», explique Adecco.

Quant à la marge brute, elle a quelque peu décliné, à 18,6% après 18,9%. Le bénéfice net a pour sa part atteint 47 millions contre 58 millions à la même période un an plus tôt.

La direction vise une légère amélioration séquentielle de sa marge brute pour le troisième trimestre et prévoit une baisse séquentielle de ses frais généraux et administratifs. Elle réaffirme en outre son objectif de ramener son endettement net à un maximum de 1,5 fois l’Ebitda d’ici fin 2027.

Adecco ayant déjà atteint son objectif annuel de générer 50% de ses revenus grâce à l’utilisation d’agents d’intelligence artificielle (IA), l’entreprise relève par ailleurs cet objectif à 70% d’ici fin 2026.

«L’IA transforme le monde du travail et nous voulons être à la pointe de cette transformation humaine», a mis en avant le patron d’Adecco, Denis Machuel, lors d’une conférence téléphonique. Il a souligné que ces robots conversationnels étaient désormais opérationnels dans dix pays.

Face à la performance d’Adecco, la plupart des analystes se disaient globalement satisfaits et en accord avec la stratégie adoptée. L’expert Gian Marco Werro de la Banque cantonale de Zurich (ZKB) se montrait cependant plutôt sceptique: «Nous anticipons une faiblesse persistante du climat industriel sur les marchés clés d’Adecco (France, Allemagne), malgré une forte dynamique aux États-Unis et en Italie, ainsi que de nouvelles vagues de licenciements à l’échelle mondiale dues aux gains d’efficacité liés à l’IA», disait-il.

A la bourse, l’action Adecco a terminé en recul de 3,3% à 22,66 francs, dans un SPI en baisse de 0,15%. 

A lire aussi...