Le géant des médicaments de substitution Sandoz a vu son bénéfice net s’évaporer de 70% sur les six premiers mois de l’année, à 109 millions de dollars, nonobstant une performance commerciale et opérationnelle convaincante. La contraction est attribuée notamment à des frais juridiques pour quelque 470 millions de francs.
La multinationale rhénane avait annoncé lundi la résolution de divers litiges autour de ses pratiques commerciales aux Etats-Unis, pour un montant total de près de 480 millions. Une somme qu’elle indiquait avoir préalablement provisionnée.
Le rapport semestriel diffusé mercredi recense encore des frais de restructuration à hauteur de 54 millions, d’autonomisation à hauteur de 47 millions, d’optimisation de l’outil de production pour 41 millions et de déploiement de logiciels pour 33 millions.
Vive poussée de croissance
Le chiffre d’affaires a bondi de 10% en dollars, ou 5% en monnaies locales, à 5,76 milliards de dollars. La performance a été alimentée notamment par un essor d’un quart des revenus dans les biosimilaires, à 1,86 milliard.
Les revenus du coeur de métier dans les génériques se sont stabilisés, égarant 1% en monnaies locales mais grappillant 4% une fois convertis en billets verts, à 3,89 milliards. Attribuée à des perturbations sur le marché de la pénicilline, la contraction atteignait 3% sur les trois premiers mois de l’année
La part des biosimilaires dans le chiffre d’affaires représente désormais 33%, contre 29% douze mois plus tôt, souligne la multinationale rhénane dans son rapport semestriel. Cette proportion est encore amenée à croître au gré d’une optimisation du portefeuille.
«Nous nous concentrons sur les pertes d’exclusivités les plus attrayantes d’un point de vue économique, notamment pour les préparations orales ou injectables», a indiqué à AWP le directeur général Richard Saynor. L’activité dans les génériques demeure néanmoins un socle de stabilité et de génération de trésorerie, a poursuivi le responsable.
Attentes comblées
Sur le front de la rentabilité, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) apuré de tout élément jugé non récurrent a bondi de 15% à 1,21 milliard, à la faveur d’une extension d’une nonantaine de points de base à 20,9%. Le bénéfice net de base a progressé de 18% à 750 millions.
Les chiffres présentés comblent peu ou prou les projections des analystes consultés par AWP.
La direction reconduit inchangée sa feuille de route pour l’ensemble de l’exercice, comprenant une croissance des recettes en monnaies locales de 5 à 9% et une extension d’une centaine de points de base de la marge brute opérationnelle ajustée.
Décollage immédiat
«Deuxième trimestre en ligne avec les attentes, objectifs annuels confirmés,» résument les experts d’Octavian dans un commentaire matinal. Stefan Schneider, chez Vontobel, applaudit la performance dans le domaine des biosimilaires et aux Etats-Unis, rappelant que le pays de l’oncle Sam était déjà cité comme l’épicentre de la création de valeur en 2023, au moment de l’émancipation de Sandoz du giron de Novartis.
Mercredi, le titre Sandoz a clôturé à 68,14 francs (+6,04%), en tête d’un SLI en hausse de 0,74%.