La banque italienne UniCredit a annoncé jeudi de solides résultats au deuxième trimestre et cherche désormais à apaiser ses relations avec Berlin, mises à l’épreuve par son offensive sur Commerzbank.
La deuxième banque italienne a lancé une offre hostile sur Commerzbank, valorisée environ 35 milliards d’euros, dans le cadre de sa stratégie visant à renforcer sa dimension paneuropéenne.
Malgré l’opposition persistante de la direction de la banque allemande et les réserves exprimées par Berlin, UniCredit a porté début juillet sa participation économique à près de 50% des droits de vote de Commerzbank et attend les autorisations règlementaires pour le dernier trimestre 2026.
«Le marché s’est prononcé et nous sommes désormais dans une période d’incertitude, entre la clôture de l’offre et la possibilité de recevoir l’autorisation, ce qui peut prendre quatre ou cinq mois», a indiqué Andrea Orcel lors d’une conférence pour les analystes financiers. L’intégration de la banque pourrait ainsi prendre «deux ou trois ans», a souligné le dirigeant.
La direction d’UniCredit a assuré jeudi qu’elle recherchait un «dialogue constructif» avec toutes les parties. Avec le gouvernement allemand, actionnaire de Commerzbank, Andrea Orcel propose «une rencontre en face-à-face où un grand nombre de malentendus et d’informations trompeuses pourront être dissipés».
L’action d’UniCredit a fortement reculé à la Bourse de Milan jeudi après des mois de hausse, à 79,22 euros (-4,80%) à la clôture, sur un marché en nette baisse (-2,80%).
Les investisseurs reprochent au groupe d’être trop prudent sur ses objectifs pour Commerzbank mais aussi de s’être retiré de la consolidation en cours entre les banques italiennes, selon la presse locale.
Trimestre solide
L’établissement bancaire milanais a pourtant publié un bénéfice net de 2,9 milliards d’euros, en baisse de 13,1% sur un an.
Ce recul s’explique essentiellement par des éléments exceptionnels, dont un impact négatif de 245 millions d’euros lié notamment aux coûts de couverture et de financement associés à l’augmentation de sa participation dans Commerzbank.
Hors ces effets exceptionnels, le bénéfice net du trimestre progresse de 22% sur un an, grâce à une hausse des commissions, selon la banque.
«UniCredit a une nouvelle fois atteint une série de résultats exceptionnels, qui nous ont conduits à notre meilleure performance opérationnelle de tous les temps et à un premier semestre record», avec 6,1 milliards d’euros de bénéfice net, a souligné dans un communiqué le directeur général d’UniCredit, Andrea Orcel.
UniCredit a bénéficié au deuxième trimestre d’une forte progression des commissions, permettant à son résultat de dépasser légèrement le consensus des analystes. Son chiffre d’affaires a augmenté de 6,6% sur un an, à 6,5 milliards d’euros.
Ces résultats ont été portés par «la forte dynamique des commissions et du résultat net de la gestion des assurances, accompagnée par une marge d’intérêt en accélération d’un trimestre à l’autre, soutenue par une croissance de qualité des volumes», selon la deuxième banque transalpine.
Objectifs
Ces performances ont conduit la banque à relever ses ambitions pour 2026. Elle vise désormais un bénéfice net «bien supérieur» à 11 milliards d’euros, contre un objectif précédent d’au moins 11 milliards.
Le groupe a également revu à la hausse ses objectifs de bénéfice net pour 2028 (supérieur à 13 milliards d’euros) et 2030 (supérieur à 15 milliards), avant même une intégration complète de Commerzbank.
Les résultats et le projet Commerzbank ont reçu un certain soutien des agences de notation. Moody’s a annoncé mardi examiner une possible amélioration de la note de crédit de l’établissement. L’agence estime qu’une montée de «baa2» à «baa1» pourrait être envisagée si UniCredit obtenait toutes les autorisations réglementaires et de concurrence nécessaires pour acquérir et consolider Commerzbank.
Fitch a de son côté confirmé la note (A-) de la banque milanaise, meilleure que celles de ses consoeurs italiennes. Selon Fitch, l’intégration et la restructuration de Commerzbank pourraient peser temporairement sur les bénéfices d’UniCredit, mais les synergies attendues devraient, à terme, permettre à l’ensemble de retrouver une trajectoire de résultats comparable à celle d’UniCredit en autonomie.