En bref
Nous anticipons que la BCE maintiendra ses taux inchangés lors de sa réunion de cette semaine, laissant le taux de la facilité de dépôt à 2,25%. Depuis la réunion de juin, les données publiées ont globalement évolué conformément aux projections de référence de la BCE. L’inflation s’est révélée plus faible que prévu, tandis que les indicateurs d’activité suggèrent que la croissance pourrait avoir atteint un point bas après un début d’année difficile. Toutefois, le regain de tensions au Moyen-Orient et la récente hausse des prix de l’énergie devraient inciter les responsables de la politique monétaire à rester prudents. Nous nous attendons à ce que le Conseil des gouverneurs réaffirme son approche fondée sur les données et sur une prise de décision réunion par réunion, tout en laissant la porte ouverte à un resserrement supplémentaire plus tard dans l’année.
Points clés
Une pause après la hausse de juin
La BCE a relevé ses taux de 25 points de base en juin en réponse à des perspectives d’inflation plus persistante à la suite du choc énergétique provoqué par le conflit au Moyen-Orient. Depuis, les données publiées sont globalement conformes au scénario de référence des services de la BCE, le recul de l’inflation étant contrebalancé par de nouvelles pressions sur les prix de l’énergie. Dans ce contexte, nous anticipons que le Conseil des gouverneurs maintiendra ses taux inchangés en juillet, tout en conservant la possibilité de les relever à nouveau si les risques inflationnistes réapparaissent.
L’inflation a ralenti, mais les incertitudes persistent
Les données définitives de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) pour juin ont confirmé un recul de l’inflation globale à 2,8%, contre 3,2% en mai, tandis que l’inflation sous-jacente a diminué à 2,4%. L’inflation dans les services a également ralenti, ce qui suggère que les effets de second tour restent jusqu’à présent limités. Si cette évolution devrait rassurer les responsables de la politique monétaire, le niveau élevé des prix de l’énergie et la persistance des risques géopolitiques signifient que les risques inflationnistes n’ont pas entièrement disparu.
La dynamique de croissance pourrait se stabiliser
Les données à haute fréquence se sont dans l’ensemble révélées légèrement plus solides que prévu. L’enquête PMI de juin a fait état d’une atténuation des pressions sur les coûts des intrants et des perturbations des chaînes d’approvisionnement, tandis que la dynamique de croissance semble atteindre un point bas après un début d’année difficile. L’activité reste néanmoins globalement faible, avec une contraction du PIB de 0,2% en glissement trimestriel au premier trimestre et des enquêtes PMI qui continuent de signaler une faiblesse de la demande sous-jacente. Nous continuons donc d’identifier des risques baissiers pour les perspectives de croissance à court terme, même si une reprise plus tard dans l’année demeure notre scénario central.
Le choc au Moyen-Orient reste le principal facteur à surveiller
Les conséquences économiques du conflit continuent d’évoluer globalement conformément à l’évaluation formulée par la BCE en juin. Si le recul des prix de l’énergie par rapport au pic atteint au plus fort du choc a contribué à atténuer les pressions inflationnistes, le regain de tensions géopolitiques a de nouveau poussé les cours du pétrole à la hausse et pourrait ralentir le processus de désinflation attendu. Cette situation devrait inciter le Conseil des gouverneurs à rester prudent.
La communication sur la politique monétaire devrait peu évoluer
Nous nous attendons à ce que le Conseil des gouverneurs prenne acte de l’amélioration récente des données d’inflation, tout en insistant sur le niveau exceptionnellement élevé d’incertitude entourant les perspectives. Le communiqué devrait réaffirmer que les futures décisions dépendront des données disponibles, des perspectives d’inflation et de l’efficacité de la transmission de la politique monétaire. Nous n’anticipons aucune indication significative concernant la réunion de septembre.
La conférence de presse devrait insister sur la nécessité de conserver toutes les options ouvertes
La présidente Christine Lagarde devrait souligner que la réunion de juillet ne s’accompagne pas de nouvelles projections économiques et que le Conseil des gouverneurs disposera de beaucoup plus d’informations en septembre. Nous nous attendons à ce qu’elle évite de donner un signal clair sur la prochaine décision et insiste plutôt sur la forte incertitude qui continue d’entourer les perspectives d’inflation et de croissance.
Notre analyse
Nous continuons d’anticiper une hausse supplémentaire de 25 points de base de la part de la BCE plus tard dans l’année, très probablement en septembre, ce qui porterait le taux de la facilité de dépôt à 2,50%. Si l’inflation globale a récemment ralenti et si nous continuons de considérer comme faibles les risques d’un désancrage des anticipations d’inflation et d’importants effets de second tour, le Conseil des gouverneurs devrait rester prudent compte tenu du niveau élevé des prix de l’énergie et de la persistance des incertitudes géopolitiques.