Lindt & Sprüngli baisse ses prix pour reconquérir les clients

AWP

2 minutes de lecture

Au premier semestre, les recettes de Lindt & Sprüngli a progressé de 4,3% par rapport à la même période de l'an dernier à 2,3 milliards de francs.

Malgré le coût élevé des matières premières et un climat de consommation morose, le chocolatier zurichois Lindt & Sprüngli a réussi à améliorer sa rentabilité au premier semestre. Cependant, les hausses de prix ont entraîné un recul des ventes plus important que prévu sur les marchés européens, forçant le groupe à réagir.

«Nous avons tous été quelque peu surpris par les réactions sur certains marchés», a déclaré mardi le directeur général Adalbert Lechner lors d’une conférence de presse téléphonique. En Allemagne, en Suisse et en Grande-Bretagne, les consommateurs, contrairement aux années précédentes, se sont montrés beaucoup plus prudents dans leurs achats suite aux hausses de prix des chocolats Lindt.

Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires du groupe de Kilchberg a progressé organiquement de 4,3% par rapport à la même période de l’an dernier à 2,3 milliards de francs. Toutefois, cette croissance est uniquement redevable à la hausse des prix à la vente, de 11,8% à l’échelle du groupe, destinée à compenser la forte augmentation des coûts, notamment du cacao.

Exprimées en francs, les recettes ont affiché une légère baisse de 0,9%, principalement en raison de la faiblesse des devises étrangères. Le chiffre d’affaires présenté correspond aux attentes des analystes contactés par l’agence AWP.

Le marché européen à la peine

Le marché européen a particulièrement souffert. Organiquement, les ventes y ont reculé de 2,1%. Outre la hausse des prix, la faiblesse des ventes de Pâques, la morosité de la consommation, la diminution du nombre de touristes en provenance d’Asie et du Moyen-Orient, ainsi que la vague de chaleur de juin ont contribué à ce recul.

En revanche, l’Amérique du Nord a connu une croissance organique de 12,7%. La progression a été soutenue par les principales catégories de produits du chocolatier zurichois, notamment Lindor, et par le récent lancement de la gamme Dubai Style.

Côté rentabilité, Lindt & Sprüngli a maintenu son résultat d’exploitation (Ebit) quasiment stable (+0,4%) sur un an à 260,2 millions. La marge correspondante s’est établie à 11,2%, contre 11,0% au premier semestre 2025. Le producteur de chocolats attribue cette progression à la maîtrise des coûts, aux gains d’efficacité ainsi qu’à l’optimisation des processus.

Le bénéfice net s’est enrobé de 1,5% à 191,7 millions, dépassant de loin les attentes des analystes qui l’estimaient à 161 millions.

Des emballages plus petits et des prix plus bas

La direction a confirmé ses objectifs pour la suite de 2026. Les ventes devraient progresser organiquement de 4 à 6%, avec une amélioration de la marge Ebit de 20 à 40 points de base par rapport à l’année précédente.

A moyen et à long terme, la croissance organique du chiffre d’affaires devrait se situer entre 6 et 8%, avec une amélioration de la marge opérationnelle de 20 à 40 points de base par an. La direction ambitionne un retour à la croissance des ventes d’ici 2027.

Afin de stabiliser ses recettes, Lindt & Sprüngli prévoit d’ajuster les prix de certains produits sur les marchés particulièrement sensibles aux coûts, tels que l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Suisse. Le chocolatier mise également sur des emballages plus petits et donc plus abordables.

L’entreprise entend également renforcer sa collaboration avec les détaillants, accroître ses investissements publicitaires et développer ses programmes de réduction des coûts et d’amélioration de l’efficacité.

Selon le directeur financier Martin Hug, «la récolte actuelle de cacao a été quasi parfaite». Cependant, la prochaine récolte devrait être moins abondante. Lindt & Sprüngli prévoit également une légère hausse de la demande mondiale.

Les résultats semestriels ont suscité le scepticisme en Bourse. Si l’amélioration de la marge a constitué une bonne surprise, certains analystes se sont interrogés sur la capacité du groupe zurichois à renouer avec une croissance durable des ventes après les fortes hausses de prix.

Vers 12h30, le bon Lindt & Sprüngli s’échangeait en baisse de 3,9% à 9225 francs, dans un SLI évoluant en recul de 0,05%.

A lire aussi...