Le dollar ne s’emballe pas lundi malgré la récente hausse des prix du pétrole, le marché espérant que la fermeture du détroit d’Ormuz annoncée par Téhéran ne soit que partielle et temporaire.
Vers 10H45 GMT (12H45 à Paris), le billet vert perdait 0,11% face à la monnaie européenne, à 1,1429 dollar pour un euro, et prenait 0,12% à la devise britannique, à 1,3387 dollar pour une livre. Le Dollar index, qui compare la devise américaine à un panier d’autres grandes monnaies, stagnait (-0,01%), à 100,946 points.
Plus tôt lundi, le billet vert a été porté par l’annonce de l’Iran ce week-end d’une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz «jusqu’à nouvel ordre», et des frappes au Moyen-Orient d’une ampleur sans précédent depuis le cessez-le-feu du 8 avril.
Cette intensification des tensions «soutient la demande pour les devises de pays exportateurs de pétrole» comme les Etats-Unis, et, en combinaison d’une activité robuste, alimente «la perspective d’un resserrement de la Réserve fédérale américaine (Fed)» pour lutter contre l’inflation, résume Chris Turner, analyste chez ING.
Kevin Warsh, le nouveau président de la Réserve fédérale (Fed), doit témoigner devant le Congrès mardi et mercredi, tandis que l’indice des prix à la consommation (CPI) pour juin est attendu en léger repli mardi.
Les derniers développements géopolitiques pourraient «amener les investisseurs à ne pas tenir compte d’une éventuelle faiblesse» de cet indice d’inflation et «ne pas entamer la tendance haussière du dollar», estime Kathleen Brooks, de XTB.
La perspective de taux d’intérêts américains élevés suffit à plomber l’or, valeur refuge concurrente du dollar et des bons du Trésor, qui reculait de 1,60 % à 4.053,79 dollars l’once.
Pour autant, les Etats-Unis ont affirmé dimanche que des navires circulaient encore dans le détroit, contestant les dires de l’Iran.
«Ces deux affirmations sont techniquement défendables - ce qui explique précisément pourquoi le marché se maintient dans un équilibre précaire», car «les navires continuent de passer, mais le trafic reste bien en deçà de la normale», résume Stephen Innes, de SPI AM.
Selon l’analyste, les investisseurs continuent de croire que «que ni Washington ni Téhéran ne souhaitent une guerre régionale généralisée».
Le bitcoin tombait pour sa part de 1,39% à 62.911,20 dollars, brusqué par l’environnement défavorable aux actifs considérés comme risqués.