La Banque cantonale du Jura (BCJ) a affiché une meilleure performance sur les six premiers mois de l’année. L’établissement, dont les revenus ont augmenté, a vu son bénéfice net semestriel se stabiliser à 9,0 millions de francs, après 8,95 millions un an plus tôt. Son nouveau directeur général, Grégory Chapuis, entend s’appuyer sur cette bonne copie pour accélérer les investissements et les recrutements dans le développement numérique.
De janvier à fin juin, le résultat opérationnel a gonflé de 24,7% à 20,7 millions de francs, rapporte un communiqué paru jeudi.
Dans le détail des revenus, les opérations porteuses d’intérêts, principale source de recettes, ont affiché un résultat net en hausse de 18,3% à 32,8 millions. Le produit des commissions et prestations de service a fait de même en prenant 6,5% à 5,9 millions, porté par une année boursière favorable et des revenus de gestion de fortune supérieurs aux objectifs. Par contre, les opérations de négoce ont affiché 0,2 million de moins à 3,5 millions en raison de volumes de transactions plus faibles.
«La stabilité du bénéfice s’explique principalement par des effets techniques», a expliqué le directeur général Grégory Chapuis en entretien avec l’agence AWP. Un remboursement de crédit d’entreprise précédemment provisionné avait permis une reprise de correctifs de valeur pour risques de défaillance, soutenant ainsi le résultat des opérations d’intérêts. «En parallèle, la variation des réserves pour risques bancaires généraux a limité la progression du bénéfice. Il s’agit toutefois du seul élément extraordinaire de l’exercice», a-t-il précisé.
En parallèle, les charges d’exploitation ont gonflé de 7,7% à 20,3 millions, des coûts liés notamment au personnel (11,6 millions).
Effet ciseau
A fin juin, le total du bilan s’affichait à 4,76 milliards de francs, en hausse de 5,3%. Les créances hypothécaires ont contribué à hauteur de 3,37 milliards (+2%), tandis que les dépôts de la clientèle ont reculé de 2,1% à 2,68 milliards. «La croissance des créances hypothécaires est restée conforme à la stratégie de la banque», a souligné M. Chapuis.
Pour l’exercice en cours, la BCJ s’attend à un bénéfice comparable à celui de l’année précédente, même si les six prochains mois seront plus difficiles. Selon M. Chapuis, le recul attendu des revenus, conjugué à une poursuite de la hausse des coûts, créera un «effet ciseau» qui nécessitera des gains continus d’agilité, de simplification et d’efficacité opérationnelle.
Le directeur général, en place depuis mars, entend également poursuivre le déploiement de sa nouvelle organisation, accélérer ses projets de numérisation avec des investissements et des recrutements, tout en continuant à gagner des parts de marché.
Vers 09h30, le titre BCJ augmentait de 1,8% à 81,50 francs dans un SPI en hausse de 0,23%.