La Bourse de New York évolue dans le rouge mardi, rattrapée par les craintes autour des niveaux de valorisation vertigineux des grands noms de l’intelligence artificielle (IA), entraînant notamment un plongeon du secteur des semi-conducteurs.
Après avoir décroché de plus de 2% à l’ouverture, l’indice Nasdaq - qui regroupe les valeurs technologiques - reculait de 1,23% vers 14h05 GMT. L’indice élargi S&P 500 perdait 0,88%, tandis que le Dow Jones lâchait 0,18%.
«Les investisseurs continuent de se détourner des grandes valeurs de la tech, qui ont déjà subi des pertes la veille», a expliqué David Morrison, analyste de Trade Nation.
Le secteur des puces encaissait l’un des plus lourds revers: Micron (-12,02%), Sandisk (-12,86%), Intel (-6,37%), AMD (-6,88%), Qualcomm (-8,51%) et le mastodonte Nvidia (-3,22%).
La dégringolade de ces entreprises indispensables pour construire les centres de données, où sont entraînés les modèles d’IA, efface des dizaines de milliards de dollars de capitalisation boursière.
«Ces actions ont de loin enregistré les meilleures performances au monde», a estimé auprès de l’AFP Steve Sosnick, analyste d’Interactive Brokers. «Et lorsqu’un marché monte en flèche (...), il a tendance à connaître des fluctuations brutales dans la direction opposée à des moments imprévisibles», a-t-il relevé.
Depuis le début de l’année, le Nasdaq a progressé de près de 10%.
Outre un mouvement de repli technique, des inquiétudes subsistent aussi autour des niveaux de valorisation des grands noms de l’IA et la possibilité de rentabiliser les investissements massifs des dernières années, a souligné Steve Sosnick.
L’annonce récente du géant de l’aérospatial SpaceX «d’emprunter jusqu’à 20 milliards de dollars» rappelle que sa «récente introduction en Bourse n’a pas suffi à apaiser les besoins de financement de l’entreprise», selon Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
L’action de la société d’Elon Musk était une nouvelle fois sous pression mardi, lâchant 0,45% à 153,90 dollars. Le titre n’est plus qu’à environ 14% au-dessus de son prix initial, de 135 dollars.
«Seul le temps nous dira si la chute généralisée d’aujourd’hui offrira une nouvelle occasion d’acheter à la baisse, ou si elle annonce des jours encore plus sombres», a noté David Morrison, analyste de Trade Nation.
Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à échéance dix ans se détendait à 4,48%, contre 4,51% la veille en clôture.
Les investisseurs se préparent à accueillir jeudi l’indice américain PCE pour le mois de mai. Jauge d’inflation privilégiée par la banque centrale des Etats-Unis (Fed), il est attendu en hausse.
La publication sera particulièrement scrutée alors que Kevin Warsh, nouveau patron de la Fed, «a déclaré la semaine dernière que l’institution était déterminée à lutter contre l’inflation», a jugé Steve Sosnick.
La Fed a laissé ses taux directeurs inchangés à l’issue de sa réunion la semaine dernière, mais a laissé entendre qu’un resserrement monétaire pourrait survenir d’ici à la fin de l’année pour calmer la hausse des prix.
Doit aussi être publié jeudi la troisième et dernière estimation du produit intérieur brut (PIB) américain au premier trimestre.