Après plus d’une décennie de taux nuls et de marchés guidés par la liquidité, l’Europe est entrée dans un nouveau régime. Les taux d’intérêt positifs, couplés à une dispersion accrue et une diversification moins efficace entre actions et obligations, créent à nouveau un terrain fertile pour l’investissement actif de type «long/short».
En même temps, les valorisations boursières demeurent élevées malgré des tensions géopolitiques persistantes, une incertitude budgétaire et un ralentissement de la croissance économique. C’est particulièrement vrai aux Etats-Unis, où la concentration des marchés a laissé de nombreux portefeuilles fortement exposés aux mêmes facteurs de croissance et de duration.
Pour les investisseurs qui sont déjà structurellement surpondérés en actions américaines à cause de la composition des indices de référence, les stratégies long/short européennes peuvent constituer une source différenciée de rendement et de diversification.
Chez BDL Capital Management, nous sommes spécialisés exclusivement dans les actions européennes depuis 2005. La société a lancé BDL Rempart il y a plus de 20 ans, le premier fonds long/short actions agréé par l’AMF en France. Aujourd’hui, elle compte 17 analystes et gérants qui travaillent sur une seule plateforme d’investissement dédiée aux actions européennes.
Le contexte actuel du marché est particulièrement propice à notre philosophie d’investissement. Après plusieurs années dominées par le momentum et l’expansion des multiples, nous observons à nouveau des écarts de valorisation au sein de sociétés de qualité.
Du côté long, nous nous concentrons sur des leaders de marché disposant de modèles économiques solides, de revenus récurrents et d’un positionnement concurrentiel fort, que nous estimons temporairement sous-valorisés après quatre années de sous-performance historique du facteur «qualité».
Un bon exemple est Convatec, leader dans la prise en charge des maladies chroniques et le traitement avancé des plaies. Après des années de sous-investissement sous l’actionnariat d’un fonds de private equity, l’entreprise a réussi une transformation opérationnelle axée sur l’innovation et l’efficacité. Les dépenses en R&D ont plus que doublé depuis 2019, les marges progressent et les lancements de nouveaux produits s’accélèrent; nous estimons pourtant que sa valorisation ne reflète pas encore pleinement ces progrès.
Nous voyons également des opportunités dans certaines franchises européennes du logiciel et de la data comme SAP et London Stock Exchange Group. Malgré des résultats solides et des modèles économiques très bien ancrés, ces deux sociétés ont subi une forte baisse de leurs valorisations. Selon nous, le marché sous-estime souvent la résilience d’activités essentielles bâties sur la conformité, les données propriétaires, les infrastructures transactionnelles et effets de réseau.
Du côté short, nous ciblons des actions chères présentant des bilans fragiles, des pratiques comptables agressives ou des attentes de résultats trop optimistes.
Selon les conditions de marché, le portefeuille peut également utiliser des indices, options ou paniers d’actions pour des besoins de couverture, de gestion du risque ou d’exposition thématique.
Il est important de souligner que l’exposition nette est la conséquence des idées d’investissement «bottom-up» et non de choix macroéconomiques «top-down».
L’intensité de la recherche reste centrale dans le processus. Nos équipes réalisent plus de 1'000 rencontres par an avec des dirigeants d’entreprises et des experts sectoriels à travers l’Europe.
Cette rigueur s’est traduite par une performance solide sur le long terme, quel que soit le contexte de marché. Au cours des six dernières années, BDL Rempart C a plus que doublé le capital des investisseurs, avec un rendement annualisé supérieur à 12% et une volatilité annualisée inférieure à sa performance annuelle.
Cette stratégie a notamment prouvé sa résilience en 2022, en affichant +14,9%, alors que les actions et les obligations ont connu l’une de leurs pires baisses simultanées depuis des décennies.
Selon nous, le retour de taux positifs et la dispersion accrue des marchés marque un changement structurel plutôt qu’un ajustement temporaire. Pour les investisseurs en quête de diversification au-delà des allocations traditionnelles long-only, le long/short actions européennes pourrait redevenir une allocation centrale des portefeuilles.