La sécurité financière se construit étape par étape et les décisions prises par les femmes à divers stades de leur vie influencent leur situation financière jusqu’à leurs vieux jours. Renforcer la résilience financière tôt est essentiel, car les bases de la sécurité à la retraite se posent bien plus tôt qu’on ne l’imagine. Second volet consacré à la période de transition et de préparation de la retraite.
A l’approche de la retraite, les priorités évoluent: il ne s’agit plus d’accumuler, mais de préserver, d’optimiser et de transmettre. L’indépendance financière prend de nouvelles formes et les décisions prises à ce stade ont des conséquences irréversibles. C’est aussi à cette période que les décisions prises par le passé se matérialisent et qu’une planification adéquate apporte de la sérénité.
La première étape consiste à demander une estimation de retraite à l’AVS et d’examiner attentivement le règlement de sa caisse de pension: certaines d’entre elles imposent un préavis de plusieurs mois pour tout versement en capital, et les règles relatives à la retraite partielle et à la pré-retraite peuvent considérablement varier. Anticiper permet d’éviter quelques surprises.
2e pilier: capital ou rente?
Le choix entre une rente et un versement en capital constitue une décision stratégique, émotionnelle et… fiscale. Si la rente permet d’avoir un revenu à vie, elle n’est toutefois pas systématiquement indexée sur l’inflation et dépend des décisions prises par la caisse de pension. Sur une période de dix à quinze ans, le pouvoir d’achat peut s'en voir considérablement érodé. En cas de décès peu après le départ à la retraite, le capital résiduel est généralement utilisé pour financer la rente du conjoint survivant ou de la conjointe survivante. Si cette personne vient également à décéder, le capital restant est souvent conservé par la caisse, donc exclu de la succession.
Pour qu’un changement de domicile fiscal soit reconnu, il est nécessaire de transférer le centre de vos intérêts vitaux et de compter y résider pendant une longue période.
Les retraits de capital, en revanche, offrent une plus grande flexibilité et peuvent être investis dans le but de maintenir, voire d’augmenter le pouvoir d’achat. Ils facilitent également une planification successorale et des actions philanthropiques réfléchies. Ils doivent néanmoins être gérés de façon adéquate pour garantir le revenu annuel souhaité.
Sur le plan fiscal, les rentes sont imposées annuellement en tant que revenu, tandis que les versements en capital sont imposés une seule fois à un taux réduit, séparément des autres revenus. Par la suite, le capital investi est assujetti à l’impôt sur la fortune et à l’impôt sur le revenu (rendements). La stratégie optimale dépend de l’espérance de vie, de la tolérance au risque de marché, des considérations familiales et du profil fiscal. Dans l’idéal, ces facteurs doivent être évalués grâce à des simulations pluriannuelles de cash-flow et d’impôt.
Echelonnement judicieux des retraits
Lorsque divers régimes de retraite sont en place (2e pilier, prestations acquises et plusieurs comptes de pilier 3a), l’échelonnement des retraits sur différentes années fiscales, ainsi qu’une bonne coordination au sein du couple, peuvent considérablement réduire la charge fiscale totale. C’est précisément à ce stade que la mise en place de plusieurs comptes de pilier 3a au fil des ans porte ses fruits.
Les couples doivent planifier conjointement, car leurs retraits sont cumulés à des fins fiscales s’ils sont réalisés durant la même année.
Le départ à la retraite est également le moment idéal pour évaluer la planification successorale (mise à jour du testament, confirmation des bénéficiaires et, si nécessaire, élaboration ou révision d’un contrat matrimonial ou successoral).
De nombreuses personnes retraitées envisagent de déménager, dans un autre canton ou même à l’étranger. Le traitement fiscal varie selon le canton et dépend de la nature des prestations (rente ou capital). A l’échelle internationale, les retraits auprès de caisses suisses peuvent faire l’objet de traitements très différents. Pour qu’un changement de domicile fiscal soit reconnu, il est nécessaire de transférer le centre de vos intérêts vitaux et de compter y résider pendant une longue période. Les autorités fiscales examinent la situation objective, en sus des déclarations officielles.
Tout déménagement transfrontalier a des implications personnelles, juridiques et fiscales. Les actifs doivent être restructurés en tenant compte de la législation de la Suisse (juridiction d’origine) et de celle de la destination, et ce de préférence avant le déménagement.
Consolider son avenir financier, une décision après l’autre
La vie financière d’une femme suit des rythmes et des transitions spécifiques qui influent considérablement sur sa situation à la retraite. En comprenant l’interaction entre le droit, la fiscalité et les choix personnels à chaque étape (premier emploi, décision de travailler à temps partiel, rachats dans la caisse de pension, choix entre rente ou versement de capital, lieu de retraite), il est possible de combler une grande partie des écarts de retraite, de préserver son indépendance et de protéger sa famille. Le cadre suisse offre d’importants avantages. Grâce à une planification proactive, des bilans réguliers et une analyse intégrée nette d’impôts, ces avantages peuvent se traduire par une sécurité financière à vie.