Retour marqué du risque inflationniste – Flash boursier de Bonhôte

Julien Staehli, Karine Patron, Pierre-François Donzé, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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Aux Etats-Unis, le passage du prix moyen de l’essence au-dessus de 4,30 dollars le gallon constitue un signal critique pour les anticipations d’inflation et la consommation des ménages.

La semaine a été dominée par un retour marqué du risque inflationniste, alimenté par la hausse des prix de l’énergie dans un contexte géopolitique toujours tendu au Moyen-Orient. Cette dynamique a pesé sur les anticipations de politique monétaire, en particulier aux États-Unis, tout en accentuant la divergence conjoncturelle entre les économies américaine et européenne.

États-Unis: croissance résiliente, inflation problématique

Les données macroéconomiques publiées confirment une économie américaine toujours robuste mais confrontée à un regain d’inflation. Le PIB du premier trimestre progresse de 2% en rythme annualisé, en nette accélération par rapport aux 0,5% du trimestre précédent, mais en deçà des attentes de marché. Le marché du travail reste solide: les inscriptions hebdomadaires au chômage reculent à 189’000, bien en dessous du consensus, confirmant l’absence de détérioration cyclique à ce stade.

En revanche, la principale surprise provient de l’inflation, qui rebondit à 3,5% en mars (contre 2,8%), sous l’effet direct de la hausse des prix des carburants. Le passage du prix moyen de l’essence au-dessus de 4,30 dollars le gallon constitue un signal critique pour les anticipations d’inflation et la consommation des ménages. Malgré cela, la confiance des consommateurs (Université du Michigan) ne se dégrade que modérément à 49,8, au-dessus des attentes.

Le scénario d’atterrissage en douceur est remis sous tension. Les marchés actions restent soutenus par la croissance et les résultats, mais la réévaluation des taux longs constitue un risque croissant, en particulier pour les valeurs de croissance comme la technologie.

Europe: dégradation cyclique et tensions inflationnistes

La zone euro envoie des signaux plus préoccupants. Le sentiment économique recule fortement à 93 en avril (contre 96,2), nettement sous les attentes. La détérioration est généralisée, tant dans les services (0,9 vs 4,1) que dans l’industrie (-7,7), reflétant un affaiblissement de la demande interne. Parallèlement, l’inflation repart à la hausse. L’IPC ressort à 3% en glissement annuel (contre 2,6%), tiré principalement par l’énergie (+10,9%). L’inflation sous-jacente reste contenue à 2,1%, mais la dynamique globale complique la trajectoire de la BCE. Le scénario de stagflation légère regagne en crédibilité, ce qui limite le potentiel des actions européennes, en particulier dans les secteurs cycliques.

Saison des résultats: dynamique toujours solide

Les publications d’entreprises confirment une bonne tenue des fondamentaux microéconomiques, notamment aux États-Unis. Le segment énergétique et les infrastructures liées aux centres de données apparaissent comme des relais de croissance majeurs, illustrant la profondeur du cycle d’investissement lié à l’intelligence artificielle.

La semaine écoulée a été, à nouveau, marquée pour le découplage des places boursières américaines et européennes, le S&P500 et le Nasdaq progressant de 0,91% et 1,12% respectivement alors que l’Euro Stoxx 50 est resté stable à -0,03% et le SMI a reculé de -0,84%.

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