La banque d’affaires franco-américaine Lazard a publié vendredi un bénéfice net en forte hausse au premier trimestre, embelli par un gain lié à la vente d’une partie de ses activités qui masque une baisse de sa rentabilité.
Entre janvier et mars, le bénéfice net s’est établi à 101 millions de dollars, soit un bond de 67% sur un an. Le chiffre d’affaires publié du groupe a lui progressé de 17%, pour atteindre 757 millions de dollars.
Mais cette performance comptable a été gonflée par un gain exceptionnel de près de 78 millions de dollars, lié à la revente d’une partie de ses activités de gestion d’actifs (les fonds d’investissement Edgewater), qui n’a pas eu d’impact sur la trésorerie.
En ne regardant que les résultats dits «ajustés» - scrutés par les analystes car ils reflètent mieux l’activité récurrente de l’entreprise -, le bénéfice net de Lazard s’affiche en baisse de 23% au premier trimestre, à 47 millions de dollars.
Cette contraction de la rentabilité s’explique notamment par une forte augmentation des coûts liés au personnel (+12% sur un an).
Pour justifier cette hausse, le directeur général de la banque, Peter Orszag, a souligné lors d’un point avec des journalistes que l’année écoulée avait été «exceptionnelle pour les recrutements».
Lazard a notamment embauché ou promu 28 nouveaux hauts cadres sur la période, pour soutenir «sa croissance» et table sur 10 à 15 arrivées supplémentaires cette année.
L’activité de conseil financier - le métier historique de Lazard qui accompagne les entreprises dans leurs opérations de fusions et acquisitions - a de son côté vu son chiffre d’affaires reculer de 2% sur un an, à 360 millions de dollars.
Peter Orszag a justifié ce faible repli par le calendrier des transactions. «C’est une activité en dents de scie, compliquée à juger trimestre par trimestre», a-t-il rappelé, les revenus dépendant fortement de la date de finalisation des accords.
Le dirigeant s’est toutefois dit «optimiste» pour l’avenir.
Malgré des hausses de prix à prévoir, il ne s’attend pas à ce que le conflit au Moyen-Orient «affecte dramatiquement» le secteur des fusions et acquisitions dans l’immédiat, à moins qu’il ne dure.
Pour diversifier ses revenus, la banque a officialisé jeudi l’accord pour le rachat de la société de conseil financier Campbell Lutyens.
Lazard espère ainsi se développer dans le conseil en levée de fonds et créer un leader mondial du secteur, tablant sur environ 500 millions de dollars de revenus combinés d’ici 2027.