L’espoir laisse place à la désillusion
Les négociations de paix au Moyen-Orient piétinent. Ainsi, le détroit d’Ormuz reste fermé et la problématique des prix élevés de l’énergie, qui est cruciale pour l’économie mondiale, subsiste. Chez les investisseuses et investisseurs, l’espoir d’une résolution rapide du conflit laisse progressivement place à la désillusion. Sur le marché des actions suisses, la tendance a été baissière au cours de la semaine de négoce raccourcie.
Les entreprises suisses avec résultats solides
Au premier trimestre, la grande banque UBS a réalisé un bénéfice de 3,0 milliards de dollars, ce qui correspond à une hausse de 80% par rapport à l’exercice précédent et dépasse largement les attentes des analystes. L’afflux d’argent frais a également connu une évolution réjouissante. Par ailleurs, l’intégration de Credit Suisse progresse. L’action a réagi mercredi à ces données en bondissant de 3.2%. L’expiration de divers droits de brevet a freiné le géant pharmaceutique Novartis. Le chiffre d’affaires a baissé de 1% à 13,1 milliards de dollars et le bénéfice opérationnel de 9% à 4,2 milliards de dollars US. Si elle devait continuer à ressentir les effets modérateurs des produits d’imitation, l’entreprise maintient ses objectifs pour l’exercice annuel en cours. Grâce à son activité solide avec les biosimilaires, Sandoz, ancienne filiale de Novartis, a enregistré une hausse entre janvier et mars. Les recettes se sont élevées à 2,8 milliards de dollars (+11%). Seul bémol: l’affaiblissement de la division des médicaments génériques dû aux turbulences sur le marché de la pénicilline. Malgré une baisse de leurs chiffres d’affaires, l’entreprise de biotechnologie Idorsia et le spécialiste de l’emballage SIG ont démarré l’année mieux que prévu par les analystes. Les deux entreprises ont confirmé leurs objectifs annuels, ce qui a réjoui les actionnaires. Avec une croissance organique de 7,1%, Straumann a également dépassé les estimations. Dans le même temps, la faible dynamique conjoncturelle et la force du franc ont donné du fil à retordre à Bucher.
Les géants de la tech brillent
Grâce à l'engouement pour l'intelligence artificielle (IA) et à l'essor du secteur publicitaire, les géants américains de la technologie ont dépassé les attentes du marché au cours du dernier trimestre. Le chiffre d'affaires d'Amazon a augmenté de 17% pour atteindre 181,5 milliards de dollars. Au final, l'entreprise a réalisé un bénéfice de 30,3 milliards de dollars, soit près de 77% de plus qu'à la même période l'année dernière. Alphabet a quant à lui presque doublé son bénéfice, qui s'élève à 62,6 milliards de dollars. Dans le même temps, la maison mère de Google a enregistré un nombre record de requêtes de recherche. Meta et Microsoft ont également progressé en termes de résultats. Toutes ces entreprises technologiques ont en outre en commun de continuer à investir des sommes colossales dans le développement de leurs infrastructures. Sur les marchés boursiers, les doutes quant à la pérennité du boom de l'IA se multiplient donc malgré des résultats trimestriels solides. Ces doutes ont été alimentés par des informations selon lesquelles OpenAI, le développeur de ChatGPT, n'aurait pas atteint ses objectifs en matière de nombre d'utilisateurs et de chiffre d'affaires.
La Fed reste attentiste
Comme prévu, la Réserve fédérale américaine (Fed) a maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,5% à 3,75%. Elle privilégie ainsi le soutien du marché du travail par rapport à la lutte contre l’inflation. Néanmoins, si la pression inflationniste continue de s’accentuer, la Fed pourrait avoir du mal à maintenir le cours actuel. La commission bancaire du Sénat américain a entre-temps confirmé la nomination de Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell, l'actuel président de la Réserve fédérale. Powell a toutefois annoncé de manière inattendue qu'il resterait pour l'instant au sein du Conseil des gouverneurs. Il accentue ainsi la pression sur Donald Trump pour qu'il abandonne les poursuites engagées contre lui et contre la Réserve fédérale américaine.
L’industrie chinoise surprend
En mars, les entreprises industrielles chinoises ont augmenté leurs bénéfices de 15,8% à l’exercice précédent. Le principal moteur de cette croissance a été le boom dans les secteurs de l’IA et des semi-conducteurs. Toutefois, les données ne reflètent pas encore entièrement les effets négatifs de la guerre en Iran. A l’avenir, les prix élevés de l’énergie pèseront sur les marges. Par ailleurs, la situation des commandes risque de se détériorer.
Graphique de la semaine
Le fabricant américain de puces Intel profite du battage médiatique continu autour de l’intelligence artificielle (IA). La valeur de ses actions a plus que doublé depuis le début de l’année: à un peu plus de 94 dollars US, elles n’ont jamais été aussi chères. Reste toutefois à savoir si cette évolution des cours sera durable. En effet, la bulle Internet du début du millénaire avait déjà provoqué une envolée comparable des cours des titres d’Intel. Ceux qui ont acheté à l’époque ont dû faire face à un passage à vide de plus de 25 ans.
GROS PLAN
Au revoir, l’OPEP!
Les Emirats arabes unis ont annoncé leur sortie du cartel pétrolier de l’OPEP le 1er mai. Cette décision résulte notamment de divergences d’opinions concernant la guerre en Iran. La perte de ce membre de longue date, troisième pays producteur de pétrole du groupe, menace d’affaiblir l’alliance. A court terme, ce retrait ne devrait cependant pas avoir d’effets sur les prix du pétrole.
LE PROGRAMME
Inflation en Suisse
L’Office fédéral de la statistique (OFS) publiera mardi prochain les données de l’inflation pour le mois d’avril. Il sera intéressant de voir dans quelle mesure la guerre en Iran a déjà eu des répercussions sur l’inflation en Suisse.