Salaires à six chiffres, bonus généreux et actions en abondance: la concurrence pour les profils d’ingénierie et de produit s’intensifie dans la fintech européenne. Selon une étude de Heidrick & Struggles disponible en exclusivité sur allnews.ch pour la Suisse, notre pays se distingue par des niveaux de rémunération nettement supérieurs à la moyenne continentale, portés par la rareté des talents et l’essor de l’intelligence artificielle.
En 2025, le secteur européen des technologies financières continue de se livrer une concurrence acharnée pour attirer les meilleurs talents en ingénierie et en gestion de produits, dans un contexte de rémunérations élevées et de dynamique de marché en pleine mutation.
Selon le rapport «2025 European FinTech & Crypto Compensation Report» publié par le cabinet de recrutement Heidrick & Struggles, la combinaison des salaires de base, des primes et des avantages en actions reflète la valeur stratégique que les entreprises de technologies financières accordent au leadership technique spécialisé dans un contexte d'évolution technologique rapide et de forte demande de talents.
Rémunération: selon l'étude, dans toute l'Europe, les cadres supérieurs en ingénierie et en développement de produits dans les entreprises fintechs privées ont déclaré un salaire de base moyen d'environ 266'000 francs, auquel s'ajoutent des primes annuelles en espèces d'environ 94'000 francs. Au-delà de la rémunération en espèces, les actions, les options ou les incitations symboliques constituent une part importante de la rémunération totale, avec un potentiel de hausse prévu variant largement entre environ 1,21 million et 3,71 millions.
Environ 80% des personnes interrogées reçoivent des primes en actions ou assimilées en plus d'une rémunération en espèces, ce qui souligne l'importance des structures d'incitation à long terme dans les programmes de rémunération du secteur des technologies financières. Près des deux tiers des personnes interrogées ont également déclaré recevoir des primes annuelles en espèces.
Si les pôles fintech britanniques proposent souvent des salaires de base plus élevés, d'autres régions européennes offrent fréquemment des primes plus importantes, ce qui équilibre la rémunération totale entre les différents marchés. Par ailleurs, les entreprises soutenues par des fonds privés proposent généralement des avantages en actions plus intéressants que celles financées par du capital-risque ou par leurs fondateurs.
Le rapport souligne également la manière dont l'intelligence artificielle influence les tendances en matière de rémunération. Les dirigeants possédant une expertise en IA, en particulier ceux qui combinent l'IA à des compétences en matière de produits et d'ingénierie, sont très demandés, ce qui exerce une pression à la hausse sur les niveaux de rémunération.
En raison de la taille relativement modeste du secteur en Suisse, le rapport ne traite pas spécifiquement de ce pays, mais l'expérience et les observations de Heidrick & Struggles indiquent une forte tendance à la hausse des rémunérations dans l'écosystème fintech suisse.
Daniel Aghdami, associé chez Heidrick & Struggles en Suisse et expert du secteur financier, commente: «Le secteur suisse des technologies financières, concentré dans des villes comme Zurich, Zoug et Genève, se distingue en Europe par des salaires élevés et une rémunération globale importante, mais avec quelques nuances. Dans l'ensemble, les pôles fintech suisses proposent souvent des fourchettes salariales supérieures d'environ 15 à 25% à celles de nombreux marchés d'Europe continentale, ce qui reflète le coût de la vie en Suisse et la demande concentrée de services financiers.»
M. Aghdami ajoute: «Les postes dans des domaines tels que le développement de la blockchain, l'architecture des paiements et les technologies de conformité offrent des salaires particulièrement élevés par rapport à d'autres domaines technologiques. La rémunération annuelle dans le secteur suisse des technologies financières est également soutenue par une croissance salariale régulière sur les marchés du travail financiers et technologiques au sens large, avec des augmentations annuelles typiques de l'ordre de 4& à 6% pour les spécialisations clés, à mesure que l'adoption des technologies financières et les initiatives de finance numérique se développent.»