Les entreprises technologiques, en particulier celles spécialisées dans l’intelligence artificielle, pourraient être survalorisées, ce qui fait peser un risque sur la stabilité financière, met en garde la Banque d’Angleterre (BoE) dans le compte-rendu de sa dernière réunion trimestrielle, publié mercredi.
«Les valorisations boursières semblent enflées, notamment pour les entreprises technologiques axées sur l’IA», indique la BoE dans ce document, qui résume la réunion trimestrielle de son Comité de politique financière, tenue le 2 octobre.
Cette surévaluation «expose particulièrement les marchés boursiers si les attentes concernant l’impact de l’IA deviennent moins optimistes», ajoute-t-elle.
L’institution estime en outre que «les obstacles matériels aux progrès de l’IA en matière d’énergie, de données ou de chaînes d’approvisionnement en matières premières», ainsi que l’obsolescence rapide des infrastructures existantes, pourraient à terme provoquer une dévalorisation des entreprises du secteur.
Les géants de la tech multiplient ces derniers mois les investissements vertigineux dans l’IA, qui devraient atteindre environ 1500 milliards de dollars en 2025 au niveau mondial, selon le cabinet américain Gartner, puis plus de 2000 milliards en 2026 --soit près de 2% du PIB mondial.
Ces dépenses dépassent encore très largement les revenus, alimentant les craintes d’une éventuelle bulle, à l’image de celle qu’a connue internet au début des années 2000.
Sur une année glissante, l’indice Nasdaq 100 des 100 plus grandes entreprises non financières cotées à New York, pour beaucoup technologiques, a grimpé d’environ 24%.
Préoccupés par les sommets historiques des marchés boursiers et la montée en flèche des actions technologiques, certains acteurs financiers cherchent cependant à se prémunir de leurs variations, en se tournant vers des actifs jugés sûrs.
Cela explique pourquoi l’or, traditionnelle valeur refuge, a dépassé pour la première fois les 4000 dollars l’once mercredi.