En septembre 2024, François Collet nous confiait suivre de près l’inflation persistante, la volatilité des marchés, le risque d’erreur des banques centrales et l’ampleur des déficits budgétaires. Depuis, les marchés ont connu des soubresauts notables. Cette volatilité a-t-elle remis en question les fondamentaux de l’investissement obligataire?
Dans cet entretien, François Collet s’exprime sur des questions dérivées des réponses à notre récente enquête menée auprès d’investisseurs individuels1. L’objectif est d’explorer si les attentes des investisseurs s’alignent avec la perception qu’ont nos experts des marchés obligataires.
Avec 70 % des sondés jugeant le monde instable et 23% affirmant ne plus savoir quoi faire de leur argent, comment rassurer les investisseurs?
Rester investi est essentiel. À long terme, la pire des stratégies est de rester en cash: les rendements réels y sont négatifs. Un investisseur resté en liquidités sur les vingt dernières années, en Europe comme aux Etats-Unis, aurait vu son pouvoir d’achat s’éroder. Le cash ne constitue jamais une solution satisfaisante à long terme.
Vos perspectives de rendement à long terme ont légèrement baissé. Où voyez-vous les opportunités dans l’univers obligataire? Que faut-il éviter?
Même en actions, des rendements à deux chiffres seront difficiles. En obligations, ils ne peuvent être qu’exceptionnels – par exemple si la Fed baissait massivement ses taux, ce qui n’est pas notre scénario central.
Nous privilégions les obligations à moyen terme (5 à 10 ans), en évitant les maturités longues (20 à 30 ans), trop sensibles aux déficits publics.
Nous sommes également positifs sur la dette souveraine émergente de qualité Investment Grade, notamment au Chili, en Pologne ou en Hongrie.
Ces pays ont des ratios d’endettement plus sains que les pays développés, une bonne visibilité, et offrent des rendements attractifs pour le niveau de risque pris.
43% des sondés redoutent un effondrement économique, 41% un krach boursier. Ces craintes sont-elles justifiées?
Je crois davantage à un ralentissement qu’à un véritable krach. L’endettement du secteur privé est faible, ce qui limite le risque de crise grave comme en 2000, 2008 ou 2020. L’Allemagne, par exemple, est en légère récession depuis deux ans, mais le DAX reste solide et la situation n’est pas alarmante.
Paradoxalement, plus les investisseurs craignent un krach, moins il a de chances de se produire. La vraie menace viendra le jour où tout le monde sera euphorique.
L’inflation reste un sujet d’inquiétude. Le danger est-il derrière nous? Quelles menaces guettent encore les investisseurs obligataires?
Deux risques principaux : le défaut de remboursement et l’inflation. Les taux de défaut des entreprises restent faibles. Le risque d’un défaut de l’Etat américain est extrêmement faible, mais une dégradation de sa qualité de crédit ferait chuter le dollar et relancerait l’inflation.
La première vague inflationniste est passée, mais les déficits actuels créent un risque de seconde vague dans les années à venir. Les investisseurs particuliers ont donc raison de rester vigilants.
La dynamique haussière des actions américaines suscite des doutes. L’exceptionnalisme américain touche-t-il à sa fin? L’Europe peut-elle en profiter?
L’exceptionnalisme américain tient surtout à la performance boursière, portée par les géants de la tech – qui ont un poids quasi étatique. La croissance US, quant à elle, a été boostée par une immigration massive sous Biden. Si cette politique change, la croissance pourrait ralentir.
Mais une baisse de la croissance américaine ne bénéficierait pas nécessairement à l’Europe. Une hausse de l’euro, un ralentissement US ou une baisse du dollar pénaliseraient même les exportateurs européens. L’écart de performance entre marchés ne se comble pas mécaniquement.
Le dollar reste-t-il une valeur refuge? Le rôle des Treasuries est-il menacé?
La position du dollar comme actif refuge est remise en question, mais pas celle des Treasuries. Le billet vert reste, et restera sans doute encore cinq à dix ans, la monnaie de référence mondiale.
Ni l’euro, ni l’or, ni le yuan ne semblent en mesure de le remplacer. Même après le déclin de l’Empire britannique, la livre est restée présente dans les réserves mondiales. Un tel statut s’efface très lentement, à l’échelle des décennies.
Achevé de rédiger en Juillet 2024.
1Source: Natixis Investment Managers, Global Survey of Individual Investors, conduite par CoreData Research en Février et Mars 2025. Enquête incluant 7,050 investisseurs individuels dans 21 pays.
Mentions légales
Investir dans le crédit comporte des risques, y compris le risque lié à l’évolution du taux d’intérêt, le risque de crédit, le risque lié aux instruments dérivés et les risques de contrepartie, le risque de durabilité. Le rendement passé n’est pas une garantie de résultats futurs.
Communication Marketing. Réservé aux clients professionnels uniquement. Tout investissement comporte des risques, y compris un risque de perte en capital. La remise du présent document et/ou une référence à des valeurs mobilières, des secteurs ou des marchés spécifiques dans le présent document ne constitue en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières, ou une offre de services. Les investisseurs doivent examiner attentivement les objectifs d’investissements, les risques et les frais relatifs à tout investissement avant d’investir. Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. En Suisse : Le présent document est fourni par Natixis Investment Managers, Switzerland Sàrl, Rue du Vieux Collège 10, 1204 Genève, Suisse ou son bureau de représentation à Zurich, Schweizergasse 6, 8001 Zürich.
DNCA Finance
Affiliate of Natixis Investment Managers.
DNCA has been approved as a portfolio management company by the French Financial Market Authority
(Autorité des Marchés Financiers) under number GP00-030 since 18 August 2000.
19, place Vendôme 75001 Paris, France.
www.dnca-investments.com
DNCA Finance is a limited partnership (Société en Commandite Simple) approved by the Autorité des Marchés Financiers (AMF) as a portfolio management company under number GP00-030 and governed by the AMF’s General Regulations, its doctrine and the Monetary and Financial Code. DNCA Finance is also a non-independent investment advisor within the meaning of the MIFID II Directive. DNCA Finance - 19 Place Vendôme-75001 Paris - e-mail : [email protected] - tel : +33 (0)1 58 62 55 00 - website : www.dnca-investments.com
Natixis Investment Managers
RCS Paris 453 952 681
Share Capital: €178 251 690
43 avenue Pierre Mendès France
75013 Paris
www.im.natixis.com