Le premier président libertarien au monde est en train de réussir. L’indice Merval de la bourse argentine ne s’y est pas trompé, lui qui a gagné plus de 100% en dollars depuis l’élection de Javier Milei. Sur le marché obligataire, les progrès sont également considérables. Le spread avec le Trésor américain est tombé cette année de plus de 1000 points à moins de 490 en septembre.
Le nouveau gouvernement a si bien réussi à assainir les finances publiques que les gérants de fonds internationaux ont compris qu’il s’agissait d’une incroyable opportunité d’investissement. Même le FMI ne peut que saluer les réformes entreprises. Quelle leçon aux innombrables critiques médiatiques et quel contraste avec la situation budgétaire de pays tels que les Etats-Unis ou la France.
Le rendement obligataire de la dette argentine en dollars reste élevé puisqu’il oscille autour de 11%, mais il devrait tomber sous les 10% selon divers stratégistes. La notation de la dette argentine a déjà été relevée à B3 par Moody’s en juillet, mais elle ne reflète que fort peu l’amélioration des fondamentaux.
Il est vrai que le marché obligataire n’a pas oublié la longue série de déconvenues de l’Argentine peroniste au cours des dernières décennies. Le doute est ancré dans l’histoire politique compliquée du pays. Les critiques des médias contre le libéral Javier Milei ont sans doute aussi retardé la prise de conscience des marchés et du public dans les vertus des réformes.
L’Argentine a en effet créé un demi million d’emplois supplémentaires sous la présidence de Milei. Les plus défavorisés sont les principaux bénéficiaires des recettes libérales.
Javier Milei est un homme politique très différent des autres. Dans son ouvrage «L’ère Milei», Philippe Bagus écrit que sa stratégie de communication est «résolument antipolitique. C’est le sens de sa célèbre citation: «Lorsque je me présente à une élection et que je vous demande votre vote, ce n’est pas pour que vous me donnez le pouvoir, mais pour que je vous le rende». Milei s’intéresse à la liberté non au pouvoir, selon l’essayiste.
Les progrès accomplis
Cet économiste iconoclaste est en train de réformer le pays que Dan Mitchell nomme, sur son blog International Liberty, «l’économie la moins performante des 100 dernières années». Effectivement, le PIB argentin n’a fait que doubler en 100 ans (source: Conference Board, Université de Groningen, JP Morgan) alors qu’il a été multiplié par 40 pour la meilleure économie (Taïwan), par 30 en Corée du Sud et par plus de 25 à Singapour et à Hong Kong.
Dans son analyse récente de l’argentine, le libéral Dan Mitchell, avec son blog International Liberty, s’est attaché à classer l’évolution de l’Argentine en deux chapitres, l’un sur les «moins», à savoir moins de pauvreté, de déficit public, de dette, d’inflation, de fonctionnaires et de risque. Les chiffres méritent d’être publiés car les médias peinent à en parler. Avec la politique de Javier Milei, la pauvreté enfantine est passée 70,4% à 42,5% (au plus bas depuis 2018), la pauvreté globale de 54,9 à 41,7%. Le rapport entre la dette publique par rapport au PIB est passé de 108% au troisième trimestre 2023 à environ 70%. Le pays est passé d’un déficit primaire de 2,7% à un excédent primaire de 1,7%. A l’inverse de nombreux autres gouvernements, Milei a réduit les dépenses publiques plutôt qu’augmenté les impôts et la dette. L’inflation mensuelle a chuté de 25,5% à 2,7%.
Le deuxième chapitre de Mitchell porte sur les «plus», d’emplois, de revenu pour chaque décile de la population, de dollars dans le système bancaire, de PIB, d’activité économique, d’excédent budgétaire, de logements à la suite de la suppression des contrôles de loyers, de réserves de dollars à la banque centrale, et finalement de confiance du marché envers le gouvernement.
L’Argentine a en effet créé un demi million d’emplois supplémentaires sous la présidence de Milei. Les plus défavorisés sont les principaux bénéficiaires des recettes libérales. Il apparaît que «les ressources disponibles par personne, au quatrième trimestre 2025, ont augmenté en termes réels, pour tous les groupes de ménages, d’environ 30% par rapport au panier de biens de base utilisé pour calculer la pauvreté. Dans les déciles les plus défavorisés de la population, cette hausse est encore plus marquée et peut atteindre 43,3%. La liberté, ça marche.»
Et dire qu’à la fin 2023, une centaine d’économistes internationaux s’en était pris au programme d’austérité de Milei. On y trouvait naturellement Thomas Piketty et Gabriel Zucman.
La prochaine échéance politique de Javier Milei aura lieu le 24 octobre 2027, au moment des élections présidentielles.