Mid caps suisses: bien placées pour tirer parti de la prochaine phase du cycle économique

James Mazeau, UBS Global Wealth Management

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Les moyennes capitalisations associent la stabilité de l'économie suisse à un profil de croissance attractif. Au cours des prochains trimestres, elles pourraient surperformer les grandes capitalisations.

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Les actions helvétiques constituent souvent une composante essentielle des portefeuilles des investisseurs suisses. Au sein du marché domestique, la Recherche d’UBS est d’avis qu’il est intéressant d’examiner de plus près un segment souvent sous-estimé ou négligé: les moyennes capitalisations, ou mid caps, suisses. Explication.

Les moyennes capitalisations associent la stabilité de l'économie suisse à un profil de croissance attractif. Au cours des prochains trimestres, elles pourraient surperformer les grandes capitalisations. Cette combinaison rend également ce segment particulièrement intéressant pour les investisseurs internationaux.

Une croissance plus rapide que les grandes entreprises

Les entreprises de moyenne capitalisation opèrent souvent dans des niches spécialisées, notamment dans les secteurs de l’industrie, de la santé et des biens de consommation. Grâce à l’innovation, à leur expansion internationale et aux gains de parts de marché, elles affichent fréquemment une croissance plus rapide que les grandes entreprises bien établies.

Entre 2016 et 2025, les mid caps suisses ont enregistré une croissance organique moyenne de leur chiffre d’affaires de 7,4% par an, contre 5,1% pour les grandes capitalisations. Leur croissance a donc dépassé celle des grandes capitalisations de 2,3 points de pourcentage par an en moyenne.

Une solidité financière pour saisir les opportunités

De nombreuses mid caps disposent également de bilans très solides. Le ratio moyen d’endettement net sur EBITDA des entreprises du SMIM est légèrement inférieur à un, contre un niveau légèrement supérieur à un pour les entreprises du SMI.

Les entreprises qui disposent d’une trésorerie nette représentent environ 17% de la pondération du SMIM, contre 8% pour le SMI. Cette solidité financière donne aux mid caps la flexibilité nécessaire pour continuer à investir durant les périodes plus difficiles et pour saisir les opportunités de croissance lorsqu’elles se présentent.

Le moment semble également favorable. Les principaux indices des directeurs d’achat (PMI) suggèrent que l’activité économique mondiale pourrait gagner en dynamisme. Historiquement, les marges des mid caps ont été plus sensibles au cycle économique que celles des grandes entreprises plus défensives. Après avoir subi les effets d’un franc suisse fort, de coûts de production plus élevés et des incertitudes géopolitiques, on table sur un net redressement des marges opérationnelles du SMIM en 2026 et 2027. Celui-ci pourrait apporter un soutien supplémentaire aux bénéfices et aux cours des actions.

Les prochains changements dans la composition des indices, qui interviendront après la clôture du marché le 18 septembre, pourraient constituer un autre catalyseur. Le SMIM devrait acquérir un profil encore plus cyclique, avec une pondération accrue des entreprises industrielles et des technologies de l’information, ainsi qu’une pondération nettement réduite des entreprises défensives des secteurs de la santé et des biens de consommation de base.

Dans le même temps, le SMI devrait devenir encore plus défensif. Du point de vue de la composition des indices, ces changements devraient mieux positionner les mid caps pour tirer parti d’une reprise mondiale du commerce, de l’activité manufacturière et de l’investissement.

Les valorisations plaident également en faveur d’un renforcement sélectif de l’exposition. La prime de valorisation des mid caps par rapport aux grandes capitalisations a nettement diminué depuis son sommet de 2018. Au cours des vingt dernières années, les titres du SMIM se sont négociés en moyenne avec une prime d’environ 22%, sur la base du ratio cours-bénéfice, par rapport aux titres du SMI.

Selon la Recherche d’UBS, cette prime se justifie par leur croissance plus soutenue et par la plus grande solidité de leurs bilans. A la suite du retrait d’un titre fortement valorisé de l’indice, on voit un potentiel de revalorisation supplémentaire si la dynamique des bénéfices s’améliore.

Quels risques les investisseurs devraient-ils prendre en compte?

La plus grande sensibilité cyclique des mid caps représente à la fois une opportunité et un risque. Si l’économie mondiale venait à s’affaiblir, la croissance du chiffre d’affaires et le redressement attendu des marges pourraient être inférieurs aux prévisions. Une appréciation marquée du franc suisse, en particulier face à l’euro, pèserait également sur la compétitivité des entreprises exportatrices et aurait une incidence négative sur leurs bénéfices publiés.

Durant les périodes d’aversion accrue au risque ou de diminution de la liquidité des marchés, les investisseurs privilégient souvent les grandes entreprises défensives. Cela peut temporairement peser sur la performance relative des mid caps et entraîner une volatilité accrue de leurs cours. Ces risques plaident en faveur d’une constitution progressive des positions, du maintien d’une large diversification et de l’intégration de l’exposition aux mid caps dans une stratégie d’investissement globale bien diversifiée.

Constituer une position surpondérée en mid caps suisses

Les mid caps offrent actuellement des opportunités intéressantes aux investisseurs qui souhaitent élargir leur exposition aux actions suisses et profiter d’une éventuelle reprise économique. Plutôt que d’investir dans des entreprises individuelles, les investisseurs pourraient envisager une exposition largement diversifiée par l’intermédiaire de l’indice SMIM. Cette approche peut contribuer à réduire les risques propres à chaque entreprise tout en donnant accès aux atouts structurels et cycliques du segment.

En fonction de la tolérance au risque et de la stratégie d’investissement de chacun, il pourrait être judicieux de constituer progressivement une position surpondérée en mid caps suisses par rapport aux grandes capitalisations. Cela pourrait également contribuer à réduire la sensibilité du portefeuille aux différents facteurs de risque mondiaux.

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