Trump, qui cherche par tous les moyens à faire baisser les prix aux Etats-Unis avant les élections de mi-mandat, assure avoir négocié avec Poutine la livraison de quantités massives de diesel russe, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou.
Cette annonce, qui coïncide avec une reprise des discussions entre Américains et Ukrainiens sur la guerre avec la Russie, pourrait relancer les inquiétudes de Kiev et des chancelleries européennes sur l’attitude du président américain face à son homologue russe.
Le dirigeant républicain a annoncé vendredi avoir eu une «discussion très fructueuse» avec Vladimir Poutine.
«La Russie va immédiatement fournir plus de 300’000 tonnes de diesel au marché américain et mondial, 500’000 tonnes de plus en novembre et 1'000’000 de tonnes immédiatement après. Par ailleurs, selon l’état de ses raffineries, la Russie va livrer rapidement 3'000’000 tonnes de diesel», a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.
«Les prix du diesel pour les Américains et, en réalité, pour le monde, VONT BAISSER RAPIDEMENT DANS DES PROPORTIONS RECORD! Des prix plus bas pour les Américains et surtout nos formidables paysans, éleveurs et transporteurs routiers, c’est ma plus grande priorité», a ajouté Donald Trump, signalant ainsi le principal objectif de cet accord avec Moscou.
Le gazole a augmenté de plus de 65% aux Etats-Unis depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ce qui pèse sur de nombreux secteurs économiques dont l’agriculture et les transports.
Le président américain sait que le prix élevé des carburants, conséquence du conflit qu’il a engagé avec l’Iran, est une cause majeure du mécontentement des électeurs avant des législatives très importantes le 3 novembre aux Etats-Unis.
Midterms
Le Parti républicain redoute de perdre le contrôle du Congrès lors de ces élections, dont dépendra en grande partie la physionomie des deux prochaines et dernières années du mandat de Donald Trump.
Un Congrès démocrate pourrait multiplier les enquêtes contre le président américain et, si l’opposition l’emporte dans les deux chambres du parlement, bloquer ses nominations.
Le Ministère des finances américain a précisé avoir donné une autorisation provisoire pour cette mise sur le marché de gazole russe.
La Russie est en effet frappée de sanctions sur ses exportations d’hydrocarbures, dont l’objectif est de compliquer le financement de la guerre contre l’Ukraine, déclenchée en février 2023 par l’invasion russe à grande échelle du pays.
L’annonce de Donald Trump n’a pas eu d’impact majeur dans l’immédiat sur les prix du diesel, même si elle semble avoir accentué une baisse modérée des cours déjà entamée sur les marchés dans la journée.
Selon Gregory Brew, analyste pétrolier chez Eurasia Group, les 300.000 tonnes évoquées par le président américain correspondent à 74.000 barils par jour. A titre de comparaison, la consommation intérieure américaine s’élevait à 2,94 millions de barils par jour en 2025, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).
Cette déclaration coïncide aussi avec la reprise de discussions à Miami en Floride entre Américains et Ukrainiens vendredi et samedi, auxquelles les Européens ont été conviés, sur une résolution du conflit avec la Russie.
Selon des responsables américains, Washington entend soumettre de «nouvelles idées» lors de ces discussions.
Le président américain a promis de mettre fin à la guerre, mais ses précédentes tentatives de médiation ont fait long feu.
Ukrainiens et Européens ont maintes fois reproché à Donald Trump, qui n’a jamais condamné l’invasion russe, de prendre davantage en compte les revendications russes que les demandes ukrainiennes.
Ces dernières semaines, le milliardaire de 80 ans a plusieurs fois condamné les attaques ukrainiennes sur des raffineries russes.
Il n’a en revanche pas commenté la recrudescence des frappes russes contre l’Ukraine, qui ont fait de nombreuses victimes civiles.