La Guinée a inauguré dimanche sa première raffinerie d’or à Conakry, quelques mois après avoir annoncé l’interdiction d’exporter de l’or brut et l’obligation de le raffiner sur le territoire guinéen.
La Guinée est l’un des principaux producteurs d’or sur le continent avec notamment le Ghana, le Mali, l’Afrique du Sud et le Burkina Faso, selon le World Gold Council.
«Depuis des siècles, la Guinée a exploité et exporté l’or à l’état brut. Si notre pays figure parmi les producteurs d’or importants en Afrique de l’Ouest, la valeur ajoutée générée par le raffinage ne (lui) profitait pas», a déclaré le ministre des Mines Bouna Sylla, lors de la cérémonie d’inauguration.
«Aujourd’hui, cette époque est révolue», a-t-il dit.
L’entrée en service de Nimba Gold Refinery (NGR) avait été annoncée en juin par le président Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2021, puis élu lors d’une présidentielle sans opposant d’envergure en décembre dernier.
M. Doumbouya avait également annoncé l’interdiction de l’exportation de l’or brut et l’obligation de le raffiner sur le territoire guinéen.
Sur les 70 tonnes d’or produites par la Guinée l’an dernier, 20 l’étaient par des entreprises exploitant des mines industrielles ou semi-industrielles.
L’objectif du gouvernement est d’en raffiner 30%, a précisé le ministre Bouna Sylla.
Les 50 tonnes restantes étaient produites dans des mines artisanales informelles.
«Une partie importante de cette production artisanale échappe au contrôle de l’administration minière, transite par des pays voisins comme le Mali avant d’être exportée», a indiqué le directeur de l’Observatoire guinéen des mines et des métaux, Oumar Totiya Barry.
La Guinée emboîte le pas à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, comme le Burkina Faso, qui a également inauguré sa première raffinerie d’or en septembre.
La Guinée est par ailleurs considérée comme l’un des premiers producteurs mondiaux de bauxite, utilisée pour la production de l’aluminium. Elle possède aussi des gisements de fer, de diamants et d’uranium.