Small caps nordiques: une décote historique

Hans-Marius Lee Ludvigsen, DNB Asset Management

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En cinq ans, environ 3,3 milliards d’euros ont été retirés des fonds suédois de small caps, dont 2,6 milliards sur les douze derniers mois.

 

Après plusieurs années de sous-performance, les small caps nordiques affichent des valorisations très faibles. La Suède, qui représente près de la moitié de l’univers, concentre l’essentiel de la correction, mais aussi une partie du potentiel de rebond.

Depuis 1999, les small caps nordiques ont généré en moyenne près de 12% de rendement annuel en euros, devant les small caps mondiales et les grandes capitalisations. Depuis la pandémie, la tendance s’est toutefois inversée, dans un marché de plus en plus concentré sur les grandes valeurs technologiques.

La Suède au cœur de la sous-performance

En cinq ans, environ 3,3 milliards d’euros ont été retirés des fonds suédois de small caps, dont 2,6 milliards sur les douze derniers mois. Aux arbitrages des particuliers vers les fonds globaux et américains s’est ajoutée la réallocation d’une partie de l’épargne retraite vers les grandes capitalisations.

Cette pression vendeuse semble toutefois commencer à diminuer. Les périodes de moindres sorties de capitaux ont coïncidé avec une amélioration des performances des petites valeurs suédoises.

Le mouvement a créé des écarts de valorisation inhabituels. Sur la période étudiée, les grandes capitalisations suédoises ont progressé d’environ 45%, tandis que les small caps ont reculé de 25% et les très petites capitalisations de près de 60%. Le marché suédois compte aussi davantage de valeurs immobilières et de croissance, plus sensibles à la hausse des taux.

L’indice nordique des small caps se négocie autour de 15,5 fois les bénéfices attendus sur les douze prochains mois, soit une décote de plus de 30% par rapport aux grandes capitalisations nordiques.

Une décote de plus de 30%

Une grande partie de la correction est désormais intégrée dans les cours. L’indice nordique des small caps se négocie autour de 15,5 fois les bénéfices attendus sur les douze prochains mois, soit une décote de plus de 30% par rapport aux grandes capitalisations nordiques.

Cette décote contraste avec des fondamentaux historiquement solides. Sur longue période, les petites capitalisations nordiques ont enregistré une croissance annuelle moyenne d’environ 11% de leur chiffre d’affaires et de 17% de leurs bénéfices. Ces dernières années, la hausse des coûts de financement a pesé sur les résultats, alors même que l’activité de nombreuses entreprises résistait mieux. Si ce frein s’atténue, le potentiel de reprise des bénéfices pourrait être significatif.

D’autres facteurs renforcent l’intérêt du segment. Les petites sociétés cotées constituent notamment des cibles privilégiées pour les acquéreurs stratégiques et les fonds de private equity: dans l’univers étudié, la prime moyenne versée lors des acquisitions atteint environ 35%.

Elles font par ailleurs l’objet d’un suivi bien plus limité de la part des analystes, avec seulement trois analystes en moyenne, contre 16 à 17 pour les grandes capitalisations. Cette moindre attention peut favoriser des écarts de valorisation plus persistants.

De nouveaux moteurs de croissance

Plusieurs entreprises illustrent la diversité des opportunités. Embracer conserve des actifs reconnus dans le gaming et les médias, notamment autour de «Lord of the Rings», «The Hobbit» et Tomb Raider. Bravida, spécialiste des installations électriques et des équipements techniques des bâtiments, pourrait bénéficier de la demande croissante liée aux centres de données et d’une éventuelle reprise du marché immobilier.

Addnode illustre le cas de certaines valeurs pénalisées par les inquiétudes autour de l’IA. Le groupe suédois de logiciels et de services numériques a fortement reculé en Bourse. Son principal enjeu sera de renouer avec une croissance organique plus soutenue.

Ces situations rappellent néanmoins qu’une faible valorisation ne constitue pas, à elle seule, un signal d’achat. Les small caps présentent souvent une clientèle plus concentrée, des bilans moins robustes et une liquidité plus faible que les grandes entreprises.

Vers une normalisation du marché?

Après plusieurs années de sorties de capitaux, de hausse des taux et de préférence pour les grandes valeurs liquides, une stabilisation des flux et des coûts de financement pourrait suffire à réduire une partie de la décote accumulée. Dans le même temps, de nouveaux moteurs de croissance apparaissent, des centres de données au gaming en passant par certains éditeurs de logiciels.

Pour les small caps nordiques, un simple retour à des conditions plus normales pourrait déjà modifier sensiblement la donne.

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