L’euro reprend un peu d’élan mardi, bénéficiant d’une accalmie de la flambée des taux obligataires français qui a été précipitée ces derniers jours par les craintes sur la soutenabilité de la dette du pays.
Il rattrape ainsi en partie ses pertes de la veille, lorsqu’il avait atteint un plus bas depuis mai 2025 face au billet vert à 1,1161 dollar pour un euro.
Vers 09H30 GMT (11H30 heure de Paris) mardi, la monnaie unique européenne prenait 0,16% à 1,1241 dollar pour un euro.
«Un peu répit sur les obligations françaises aide l’euro à récupérer», constate Francesco Pesole, d’ING, mais l’analyste ne se dit «pas très confiant dans la pérennité de ce rebond».
Le taux d’emprunt français à dix ans se détendait en effet mardi, réduisant le «spread» (la différence) avec le Bund allemand, référence en Europe.
«Il ne s’agit pas d’une crise de la dette souveraine - la France est trop importante pour faire défaut et le marché sait que la BCE dispose (...) d’outils pour plafonner les rendements», qu’elle a utilisés en 2022 pour acheter de la dette espagnole et italienne, estime Neil Wilson, de Saxo Bank.
Pour l’analyste, «ce qui inquiète vraiment, c’est le risque de contagion dans l’ensemble de la zone euro, et le fait que, la BCE étant prête à éponger les dégâts, le corps politique français n’a aucun intérêt à engager la consolidation budgétaire à la hauteur de ce qui serait nécessaire».
A cela s’ajoutent selon lui «des risques politiques accrus à l’approche de l’élection présidentielle française l’année prochaine».
Favorite dans les sondages, la candidate du Rassemblement National Marine Le Pen a promis mardi «140 milliards d’euros nets d’économie» sur cinq ans si elle est élue, tout en assurant que le déficit public peut passer sous la barre des 3% dès 2030.
Autre facteur de baisse de l’euro la veille, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a convoqué des élections anticipées le 29 novembre, en pleine crise du logement.
Si cet épisode renforce la prudence du marché, «la différence avec la France est importante: l’Espagne conserve l’une des croissances les plus dynamiques parmi les grandes économies européennes et un chômage au plus bas depuis la crise financière, de sorte que le risque est d’abord politique plutôt qu’un doute immédiat sur sa soutenabilité budgétaire», affirme John Plassard, analyste de Cité Gestion.