La sécurité financière à la retraite est soumise à une pression croissante à l’échelle mondiale, sous l’effet du vieillissement rapide de la population, de niveaux records d’endettement public et d’une inflation persistante dans de nombreux pays, selon le Global Retirement Index 2026 de Natixis Investment Managers.
Elaboré en collaboration avec CoreData Research, le Global Retirement Index offre une vision globale des facteurs contribuant à la sécurité financière à la retraite. Au-delà des critères financiers, il évalue notamment l’accès aux soins et leur coût, le climat, la gouvernance ainsi que le bien-être général de la population.
Le classement porte sur 44 pays et repose sur 18 indicateurs regroupés en quatre sous-indices: les finances à la retraite, le bien-être matériel, la santé et la qualité de vie.
Les résultats pour la Suisse se basent sur les réponses de 400 investisseurs individuels suisses interrogés en 2025 et 150 conseillers suisses interrogés en 2026.
La Norvège et l’Irlande conservent leur avance
La Norvège conserve la première place du classement pour la deuxième année consécutive avec un score de 83%, devant l’Irlande, également stable au 2e rang avec 81%.
Les Pays-Bas enregistrent la plus forte progression du top 10. Avec un score inchangé de 79%, ils gagnent trois places et passent du 6e au 3e rang, leur meilleur classement depuis la création de l’indice.
La Suisse recule d’une place et occupe le 4e rang avec un score de 79%, devant le Danemark, qui conserve sa 5e position malgré une baisse d’un point de son score. Les scores publiés étant arrondis, les Pays-Bas et la Suisse affichent tous deux 79% malgré leur différence de classement.
L’Islande connaît le recul le plus marqué parmi les dix premiers pays, passant de la 4e à la 9e place. Son score diminue de quatre points de pourcentage pour s’établir à 75%, principalement en raison d’une forte dégradation du bien-être matériel dans un contexte de hausse du chômage.
La Finlande enregistre le plus fort recul de l’ensemble du classement. Elle perd douze places, passant du 23e au 35e rang, tandis que son score recule de 66% à 54%. Cette évolution est également liée à la détérioration du bien-être matériel et à un niveau de chômage élevé.
Sophie Courmont, Managing Director, Head of Switzerland, Liechtenstein and Israel chez Natixis Investment Managers, déclare: «Les résultats de l’enquête soulignent la nécessité d’adapter les systèmes de retraite à l’allongement de l’espérance de vie et à l’évolution des parcours professionnels. Les politiques publiques ont un rôle essentiel à jouer pour faciliter l’accès aux solutions de prévoyance et encourager l’épargne à long terme. Les individus doivent toutefois également prendre en main la préparation de leur retraite. Commencer suffisamment tôt à épargner et à investir régulièrement demeure l’un des moyens les plus efficaces de renforcer sa sécurité financière à long terme.»
Des systèmes de retraite fondés sur des réalités qui ont changé
Une grande partie des pressions actuelles provient de systèmes de retraite conçus selon des réalités économiques et démographiques datant du XXe siècle. Les individus vivent plus longtemps, leurs parcours professionnels évoluent et ils assument une part croissante de la responsabilité du financement de leur retraite.
Selon une enquête de Natixis Investment Managers menée en février et mars 2025 auprès de 7050 investisseurs individuels dans 21 pays, 78%1 des personnes interrogées estiment qu’il leur incombe de plus en plus de financer elles-mêmes leur retraite, contre 67% dix ans auparavant2.
Les particuliers se sont traditionnellement appuyés sur un modèle associant prestations publiques, prévoyance professionnelle et épargne individuelle. Ce modèle est toutefois soumis à une pression grandissante.
Le vieillissement démographique signifie qu’un nombre croissant de personnes perçoit des prestations, tandis que la proportion d’actifs finançant les systèmes publics diminue. L’allongement de l’espérance de vie, les engagements liés aux régimes de retraite privés et l’endettement public exercent une pression supplémentaire sur les systèmes de retraite. Dans de nombreux pays, l’inflation réduit également le pouvoir d’achat et la capacité d’épargne des ménages.
Trois leviers pour renforcer la préparation à la retraite
A l’échelle internationale, les responsables politiques concentrent principalement leurs efforts sur trois domaines:
- L’accès: élargir l’accès aux solutions d’épargne complétant les prestations de retraite, permettre à davantage de personnes de bénéficier d’une couverture et favoriser la continuité de l’épargne tout au long de la vie professionnelle.
- L’automatisation: développer notamment l’affiliation automatique afin de réduire l’effet de l’inertie individuelle et d’encourager la constitution régulière d’une épargne.
- L’accumulation: aider les particuliers à constituer des actifs capables de financer l’ensemble de leur retraite, notamment en augmentant les flux vers les régimes publics et privés et en donnant aux épargnants accès à des possibilités d’investissement productives.
Ces mesures répondent aux principales préoccupations exprimées par les investisseurs interrogés à l’échelle mondiale. Parmi eux, 40% craignent de ne pas disposer de suffisamment d’argent pour profiter de leur retraite, 38% redoutent que l’inflation n’érode leur épargne, 33% s’inquiètent d’une éventuelle réduction des prestations et 25% pensent qu’ils ne parviendront jamais à épargner suffisamment pour prendre leur retraite.
L’inquiétude est telle que 43% des investisseurs individuels interrogés estiment qu’il leur faudrait «un miracle» pour bénéficier d’une retraite financièrement sûre. Cette proportion atteint un tiers parmi les investisseurs fortunés.3
Des évolutions contrastées parmi les grandes économies
Parmi les grandes économies développées, l’Allemagne reste la mieux classée. Elle progresse d’une place et atteint le 7e rang mondial avec un score de 75%. Ses résultats dans les domaines du bien-être matériel, où elle se classe 8e, et de la qualité de vie, où elle occupe le 7e rang, soutiennent sa position.
Le Royaume-Uni recule d’une place et se classe 15e avec un score de 72%. Cette évolution s’explique principalement par une détérioration de son résultat dans le domaine de la santé, partiellement compensée par une amélioration du bien-être matériel.
Les Etats-Unis perdent trois places et occupent le 24e rang. Leur score passe de 70% à 68%, la qualité de vie constituant leur principal point fort.
Le Japon progresse d’une place et se classe 25e avec un score de 67%. Le pays se distingue dans le domaine de la santé, où il occupe le 7e rang, notamment grâce à sa 2e place en matière d’espérance de vie. Il ne se classe toutefois qu’au 41e rang dans le domaine des finances à la retraite.
La Pologne réalise l’une des plus fortes progressions de l’année, gagnant neuf places pour atteindre le 19e rang, principalement grâce à l’amélioration de son bien-être matériel. La Suède recule en revanche de quatre places et se classe 22e.
La Suisse conserve des bases solides
La Suisse figure dans le top 10 de trois des quatre dimensions analysées. Elle se classe 2e dans le domaine de la santé, 3e pour les finances à la retraite et 8e pour la qualité de vie. Le bien-être matériel constitue son principal point de vigilance, avec un recul de huit places au 15e rang.
La Suisse occupe par ailleurs la première place mondiale pour l’espérance de vie. Son score dans le domaine de la santé progresse de 91% à 93%, tandis que celui de la qualité de vie passe de 80% à 82%. Dans le domaine des finances à la retraite, son score reste stable à 74%.
Le rapport complet, en anglais peut être consulté et téléchargé en cliquant ici
1 https://www.im.natixis.com/en-gb/insights/investor-sentiment/2025/individual-investor-survey
2 2015 Natixis Global Survey of Individual Investors
3 https://www.im.natixis.com/en-gb/insights/investor-sentiment/2025/individual-investor-survey