Les bourses mondiales évoluent sans entrain mercredi, prudentes face à la situation incertaine au Moyen-Orient et une inflation plus forte que prévue aux Etats-Unis.
Après une journée passée en hausse, l’élan s’est essoufflé sur les bourses européennes en fin de séance. Paris n’a finalement pris que 0,27% et Milan 0,31%. Francfort a grappillé 0,08% et Londres a cédé 0,07%.
A Zurich, le SMI a pris 0,12%.
«Comme depuis le début du conflit, les marchés européens réagissent à l’évolution des prix du pétrole, car le continent importe beaucoup plus ses hydrocarbures que les Etats-Unis», explique à l’AFP Louise Girard, analyste pour XTB.
Les investisseurs du Vieux continent ont ainsi d’abord profité d’un recul de plus de 2% des prix du brut, avant que cette baisse ne s’estompe au fil de la journée.
Vers 15H50 GMT, le Brent de la mer du Nord ne cédait que 0,14% à 88,46 dollars le baril et le WTI américain grappillait 0,02% à 82,38 dollars.
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que «certains accords» avaient été conclus avec Oman sur la gestion du détroit d’Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.
«Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l’Iran et d’Oman dans ses revenus», a déclaré leur porte-parole, Hossein Mohebi.
Les deux pays riverains du détroit cherchent à réguler la navigation dans cette voie maritime, toujours verrouillée par Téhéran et au coeur de la guerre au Moyen-Orient, qui dure depuis près de six mois.
Ces «discussions suscitent l’espoir de progrès vers une amélioration de la navigation à travers le détroit d’Ormuz», commente Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com.
Reste que les tensions diplomatiques demeurent importantes, alors que le ministre américain des Finances Scott Bessent a présenté lundi de nouvelles sanctions pour «couper toutes les ressources économiques» de l’Iran.
L’inflation américaine plus forte que prévue
A New York, vers 15H50 GMT, le Dow Jones cédait 0,26%, tandis que le Nasdaq et l’indice élargi S&P 500 prenaient respectivement 0,13% et 0,05%.
Les marchés américains sont freinés par la publication d’un indice d’inflation PCE qui a stagné à un niveau élevé le mois dernier, à 3,7% sur un an, tiré par la flambée des coûts de l’énergie depuis le début de la guerre.
Or, les investisseurs s’attendaient à un léger ralentissement de la hausse des prix, autour de 3,6% sur un an, contre 3,7% en juin et 4,1% en mai, selon le consensus publié par Trading Economics.
L’inflation reste nettement plus élevée que les 2% visés par la Réserve fédérale américaine (Fed), un objectif manqué depuis plus de cinq ans.
Les taux d’intérêt des Bons du Trésor américains grimpaient dans la foulée : à échéance dix ans, ils atteignaient 4,65% vers 15H50 GMT contre près de 4,63% mardi soir.
Le dollar progressait de 0,18% face à la monnaie européenne, à 1,1653 dollar pour un euro.
En Europe, les rendements du Bund allemand à dix ans affichaient 3,22%, contre 3,20% mardi à la clôture.
«Ces données serviront également de prélude au discours de Kevin Warsh à Jackson Hole vendredi» à l’occasion de la réunion annuelle des banquiers centraux qui a lieu dans cette ville du Wyoming, aux Etats-Unis, chaque année, poursuit Daniela Hathorn.
«Les marchés chercheront à obtenir davantage de précisions sur la manière dont le nouveau président de la Fed entend arbitrer entre une inflation persistante et une croissance plus faible», ajoute-t-elle.
Face à une inflation toujours élevée en zone euro, Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a elle estimé qu’un niveau de taux d’intérêt plus élevé sera nécessaire.
L’attention sur Nvidia
Côté valeurs, les poids lourds des semi-conducteurs et de la tech se maintiennent avant la publication des résultats très attendus du mastodonte des puces électroniques Nvidia, après la clôture de Wall Street mercredi.
«Les investisseurs se positionnent en vue d’une nouvelle performance spectaculaire de la figure de proue du marché de l’IA», estime Patrick Munnelly, analyste pour Tickmill Group.
«Des résultats seulement en ligne avec les attentes ne suffiront pas», selon Louise Girard.
En Europe, Infineon a pris 0,62% à Francfort. Soitec (-0,92%) et STMicroelectronics (+0,55%) ont reculé à Paris.