Les bourses mondiales vont de l’avant mardi, portées par un recul des prix du pétrole, dans l’attente des résultats mercredi du baromètre américain de la tech Nvidia et de la réunion des banquiers centraux à Jackson Hole.
«C’est vraiment une phase d’attentisme, avec très peu de mouvements hormis des achats d’or», résume Christopher Dembik de la banque suisse Pictet.
«C’est vrai que Nvidia donnera le la. Les attentes sont moins importantes sur Jackson Hole», ajoute-t-il joint par l’AFP, expliquant que les marchés ont déjà intégré une hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre.
En Europe, seule Paris a terminé en baisse parmi les grandes bourses (-0,16%), plombée par des valeurs traditionnelles comme Kering (luxe, -3,34%) ou Renault (automobile, -3,25%).
Francfort a terminé en franche hausse (+0,61%) portée par une révision à la hausse de la croissance allemande au deuxième trimestre. Infineon (semi-conducteurs, +1,27%) a confirmé un certain regain de confiance dans la tech avant les résultats de Nvidia.
«Dans un contexte marqué par des prix de l’énergie élevés, des tensions géopolitiques persistantes et des perturbations des chaînes d’approvisionnement, ces indicateurs sont jugés encourageants», estime un spécialiste de la place Andreas Lipkow de CMC Markets.
Londres a également progressé (+0,29%), la bonne performance d’AstraZeneca (+2,96%) compensant le recul des pétrolières (BP -0,96%). Milan a également pris quelques risques (+0,34%).
A Zurich, le SMI a fini en hausse de 0,54%.
La Bourse de New York suivait également une journée haussière mardi vers 16H00 GMT, aidée par la détente des prix du pétrole et des taux obligataires.
Le Dow Jones gagnait 0,19%, l’indice Nasdaq Composite prenait 0,60% et l’indice élargi S&P 500 progressait de 0,27%.
Le titre de Nvidia progressait (+1,35%) avant la publication mercredi de ses résultats pour le deuxième trimestre.
Cette publication intervient dans un contexte de doutes croissants sur la rentabilité de ces investissements et sur la valorisation gigantesque des entreprises du secteur des semi-conducteurs, qui en sont les principales bénéficiaires.
Le pétrole recule
Les bourses mondiales profitent par ailleurs d’une baisse des prix du pétrole.
Vers 16H00 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, cédait 3,79% à 88,68 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, reculait de 3,42% à 82,10 dollars.
Les ministres iranien et omanais des Affaires étrangères ont discuté mardi d’un accord-cadre établissant un «couloir temporaire» dans le détroit d’Ormuz, selon un communiqué conjoint.
Les investisseurs font preuve d’un «certain soulagement face à l’absence de renforcement significatif de la pression économique sur l’Iran» de la part des Etats-Unis, explique Neil Wilson, de Saxo Market.
Les taux se détendent
La baisse du pétrole allait de pair avec une détente sur les taux d’intérêt, qui ont subi une forte poussée du fait des besoins en capitaux tant des Etats que des géants de la tech sur le marché de la dette.
«On a des entreprises qui vont évincer les Etats du marché de la dette», résument Mabrouk Chetouane et Romain Aumond, analystes de Natixis Investment Managers.
Le rendement à dix ans allemand, référence sur le continent européen, revenait à 3,20%, contre 3,25% la veille en clôture. Son équivalent français était à 4,04%, contre 4,12% lundi.
Aux Etats-Unis, le rendement à échéance dix ans reculait à 4,64% contre 4,70% la veille.
«La chaîne CNBC a rapporté que le Trésor américain pourrait puiser dans son compte auprès de la Fed pour financer des rachats d’obligations, à hauteur de 935 milliards de dollars», indique Ipek Ozkardeskaya de Swissquote Bank.
«Cela signifie que le Trésor pourrait acheter davantage d’obligations à plus longue échéance en utilisant son compte de trésorerie plutôt que de recourir à de nouvelles émissions de dette à court terme pour financer ces achats», ajoute-t-elle.
La semaine dernière, le marché n’avait pas été convaincu par l’annonce d’un renforcement des rachats par le Trésor américain d’obligations à long terme, financées par de nouvelles dettes à court terme, pour réduire la pression sur les taux d’intérêt.
Côté changes, le dollar restait stable (-0,07%) face à la monnaie unique européenne, à 1,1672 dollar pour un euro.
Et l’or reculait légèrement (-0,13%) à 4.646,26 dollars l’once.