La croissance de l’Allemagne au deuxième trimestre a été légèrement revue à la hausse mardi et le moral des patrons a atteint en août son plus haut niveau depuis un an, une dynamique défiant la crise énergétique provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
D’avril à juin, le Produit Intérieur Brut (PIB) a progressé de 0,3% selon des chiffres définitifs publiés mardi par l’institut Destatis, contre 0,2% selon l’estimation provisoire de fin juillet.
«La dynamique de croissance de l’économie allemande observée en début d’année se poursuit», a déclaré sa présidente Ruth Brand dans un communiqué.
Par ailleurs, l’indicateur de l’institut Ifo, scruté par le milieu des affaires, a bondi à 88,8 points en août, une hausse mensuelle de 2,1 points meilleure qu’espérée par les analystes sondés par la plateforme Factset.
La première économie européenne semble avoir mieux absorbé le choc énergétique provoqué par le conflit entre l’Iran et les États-Unis et la fermeture du détroit d’Ormuz, crucial pour le commerce d’hydrocarbures.
Ce qui a d’ores et déjà conduit la banque publique KfW à rehausser mardi ses prévisions annuelles de croissance de 0,7% à 1,1% pour 2026.
La quatrième hausse consécutive de l’Ifo en août, grâce à un regain d’optimisme sur les perspectives économiques, est «un coup de tonnerre», assure Sebastian Wanke, expert de la KfW.
Selon lui, «l’économie allemande fait ainsi preuve d’une résilience - que l’on croyait autrefois presque impossible - face à toutes les adversités fréquemment évoquées», comme la guerre en Iran et la sécheresse du Rhin affectant le transport fluvial de marchandises.
En avril, en plein coeur du choc énergétique, le gouvernement allemand avait sabré de moitié sa prévision de croissance du PIB à 0,5% pour 2026, attendue comme l’année du rebond économique après plusieurs années de stagnation.
Or, l’Allemagne semble désormais «bien partie pour enregistrer sa meilleure performance de croissance depuis 2022», étaye Carsten Brzeski pour la banque ING.
La hausse du PIB au deuxième trimestre «s’explique principalement par la bonne évolution des exportations», comme au premier trimestre, explique Mme Brand.
Par rapport au premier trimestre, les exportations de biens et de service ont ainsi progressé de 2,0%. Sur un an, l’indicateur a bondi de 3,7%.
Ce pilier du modèle économique allemand, chahuté par les droits de douane américains et la concurrence féroce venue de Chine, reprend des couleurs après une année noire en 2025.
Dans le même temps, les importations ont aussi progressé de 2,5%, notamment dans les mêmes secteurs évoqués.
D’avril à juin, la valeur ajoutée brute a cru de 0,4%, un rythme proche des trimestres précédents, essentiellement portée par l’industrie manufacturière en crise
Les investissements dans les biens d’équipement ont enregistré une hausse annuelle de 1,1%, toujours portés par les centaines de milliards d’investissement dans la défense et les infrastructures.
Néanmoins, la performance économique de l’Allemagne au deuxième trimestre a été moins bonne que la moyenne de la zone euro, en hausse trimestrielle de 0,5%.