Stabilité des prix et stabilité du système financier constituent les deux missions principales de la Banque nationale suisse (BNS). Si la seconde demeure subordonnée à la première dans l’agenda des priorités voulues par le législateur, ces deux fonctions ne sont pour autant pas incompatibles, a soutenu mercredi Antoine Martin, vice-président de la direction générale de l’institut d’émission, dans un discours à l’Université de Bâle.
Le banquier central a pris pour exemple la période de resserrement monétaire de 2022 à 2023, consécutive d’une grosse décennie de taux bas à l’échelle mondiale.
La fin de la pandémie avait coïncidé avec une nette reprise de l’inflation, accentuée encore par la flambée des prix de l’énergie suite à l’éclatement de la guerre en Ukraine. La BNS a dès le second semestre 2021 sciemment laissé le franc s’apprécier en limitant ses achats de devises, avant de commencer à relever graduellement le taux directeur à partir de la mi-2022 et de commencer à vendre des devises.
«Du point de vue de la stabilité des prix, il était décisif d’agir pour ancrer les anticipations d’inflation, limiter les effets de second tour et permettre à l’inflation de réintégrer la plage de stabilité des prix,» a souligné M. Martin, selon le scripte de son discours.
Du point de vue de la stabilité financière aussi, il était préférable de relever sans délai ni hésitation le taux directeur, pour ramener rapidement l’inflation dans la plage de stabilité des prix. Un resserrement plus tardif et potentiellement plus marqué aurait risqué de peser davantage sur les bilans et les prix des actifs.