Marchés mondiaux: déroute des valeurs liées à l’IA, les taux souverains chutent

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La Bourse de Séoul chute de 7,57%, plombée par les groupes de semi-conducteurs Samsung Electronics (-9,48%) et SKHynix (-11,06%). Tokyo décroche de 4,90%, avec un recul marqué d’Advantest (-14,96%).

Les marchés financiers mondiaux sont secoués jeudi par une déroute des actions liées à l’intelligence artificielle (IA), semi-conducteurs en tête, qui ravive en comparaison l’appétit pour les obligations des Etats, détendant fortement leurs taux d’intérêt.

Les contrats à terme à New York anticipaient vers 12h20 (heure suisse) une ouverture dans le rouge pour le Nasdaq (-1,18%), à forte coloration technologique.

La Bourse de Séoul a chuté de 7,57%, plombée par les groupes de semi-conducteurs Samsung Electronics (-9,48%) et SKHynix (-11,06%), qui pèsent à eux deux plus de 40% de l’indice Kospi. Tokyo a perdu 4,90%, avec un recul marqué d’Advantest (-14,96%).

Taipei a reculé de 3,41%, pénalisée par le fabricant de puces électroniques TSMC (-2,01%), malgré la publication de résultats dépassant les attentes des investisseurs, avec un bond de son bénéfice net de 68,7% sur un an au troisième trimestre.

Les semi-conducteurs cédaient aussi nettement du terrain en Europe: Infineon perdait 8,29% à Francfort, STMicroelectronics 7,11% et Soitec 8,14% à Paris, et ASML 5,16% à Amsterdam.

Les Bourses européennes étaient dispersées. Vers 12h20, Paris prenait 0,15%, Londres 0,46%. Francfort perdait 0,44% et Milan 0,51%. A Zurich, le SMI avançait de 0,61% à 12h48.

CoreWeave inquiète

Les sociétés qui produisent des composants indispensables aux centres de données sont les principales bénéficiaires des investissements massifs des géants de la tech pour développer l’intelligence artificielle (IA). Elles ont flambé en Bourse ces derniers mois.

Mais les investisseurs doutent de plus en plus de la rentabilité à moyen et long terme de ces dépenses, alors qu’aucun modèle économique viable n’a encore été trouvé par les entreprises d’IA. Ils s’interrogent donc sur leurs valorisations gigantesques.

«Les investisseurs semblent profiter de chaque occasion pour réduire leurs engagements dans le secteur technologique», explique Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets

La situation du spécialiste des centres de données CoreWeave, et ses 35 milliards de dollars de dette, a aggravé l’inquiétude mercredi. Après avoir plongé de 15,46%, l’entreprise reculait encore de 5,63% dans les contrats à terme à New York.

D’autant que la publication aux Etats-Unis d’une inflation plus forte que prévu en septembre a ravivé la crainte que la Réserve fédérale américaine (Fed) n’augmente ses taux plusieurs fois jusqu’à la fin de l’année.

Une part croissante des investissements dans l’IA se fait en effet désormais via la dette. Les entreprises technologiques sont donc sensibles à une augmentation des taux directeurs des banques centrales, qui se répercuterait sur leur propre taux d’emprunt.

Anthropic est «un autre sujet de préoccupation» sur les marchés, après que le groupe a présenté «un chiffre d’affaires du troisième trimestre à 16,8 milliards de dollars», jugé «décevant» à quelques semaines de son entrée en Bourse, explique Kathleen Brooks, analyste pour XTB.

Les sociétés commercialisant des équipements électriques pour les centres de données dédiés à l’IA étaient également dans le rouge, comme Legrand (-4,65%) et Schneider Electric (-4,50%) à Paris, et Siemens Energy (-7,69%) à Francfort.

Les taux d’emprunt reculent fortement

Ce mouvement de défiance sur les marchés d’actions, considérées comme des actifs risqués, profite jeudi aux obligations d’Etats, vues comme des valeurs plus «sûres», ce qui fait baisser leurs taux d’intérêt.

En outre, «un recul des dépenses dans l’IA réduirait la demande de dette» des géants de la tech sur les marchés, «dont la forte augmentation a été un puissant moteur» de la récente flambée des taux souverains partout dans le monde, remarque Neil Wilson, de Saxo Markets.

Le rendement américain à échéance dix ans chutait à 5,07%, contre 5,19% la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, reculait à 3,37%, contre 3,46% mercredi soir.

Le taux français à échéance dix ans chutait à 4,74%, contre 4,88% la veille. Une accalmie bienvenue alors que la dette hexagonale est sous surveillance des marchés depuis plusieurs semaines, en plein débat budgétaire à l’Assemblée nationale.

Les dettes publiques bénéficient aussi du prix du baril de Brent de la mer du Nord (-2,18% à 103,75 dollars) et de son équivalent américain, le West Texas Intermediate (-0,44% à 94,67 dollars).

Le dollar cédait 0,52% face à la monnaie unique européenne, à 1,1215 dollar pour un euro. Les investisseurs attendent désormais les chiffres de l’inflation côté producteur (PPI) aux Etats-Unis, à 14h30.

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