L’économie suisse aborde l’année 2026 sur des bases plus solides, à mesure que les tensions commerciales mondiales s’estompent et que la résilience domestique se confirme. La croissance devrait se raffermir pour atteindre 1,6%, portée par une politique monétaire accommodante, une demande privée robuste et des perspectives d’exportation en amélioration.
La Suisse entame 2026 dans un contexte plus favorable, alors que les vents contraires internationaux faiblissent et que l’économie s’adapte à un nouvel environnement commercial. L’accord conclu en novembre avec les Etats-Unis, prévoyant une réduction des droits de douane américains de 39% à 15%, marque une désescalade majeure et apporte un soulagement significatif aux exportateurs. Combiné à la normalisation de l’activité dans la zone euro et à une politique monétaire expansionniste, cet élément devrait raviver l’appétit pour l’investissement et soutenir le marché du travail. Dans ce contexte, la consommation privée devrait rester modérée mais résiliente – malgré une hausse du chômage en 2025 – soutenue par une progression positive des salaires réels.
Inflation contenue, politique stable
L’inflation devrait se maintenir dans la partie basse de la fourchette cible de la Banque nationale suisse (BNS), évoluant juste au-dessus de zéro durant une grande partie du premier semestre 2026. La vigueur du franc suisse et la faiblesse relative de la demande intérieure limitent à la fois le pouvoir de fixation des prix des entreprises et le renchérissement des importations. Des facteurs structurels – tels que l’excédent courant et le cadre budgétaire conservateur – continuent de soutenir la devise helvétique, qui joue son rôle de valeur refuge en période d’aversion au risque mondiale. En conséquence, les rendements suisses demeurent inférieurs à ceux de la zone euro et des Etats-Unis sur l’ensemble de la courbe.
Dans ce contexte, la BNS devrait maintenir une orientation accommodante et conserver son taux directeur à 0%. Les risques restent toutefois orientés vers un nouvel assouplissement, notamment en cas d’appréciation du franc face à l’euro ou de net affaiblissement de la demande domestique entraînant plusieurs mois consécutifs d’inflation négative. Les interventions sur le marché des changes demeurent l’instrument privilégié pour préserver la stabilité des prix. Les variations des avoirs à vue des banques auprès de la BNS constituent un indicateur clé de ces interventions.
Les exportations retrouvent un avantage compétitif
Les marchés actions suisses sortent d’une période difficile, marquée par la force du franc et la croissance atone en Europe. De nombreuses entreprises ont depuis ajusté leurs structures de coûts et leurs implantations de production. En tant qu’économie fortement orientée vers l’exportation, la Suisse devrait bénéficier d’une meilleure visibilité en matière de droits de douane américains, un facteur favorable pour la Bourse suisse. Une reprise européenne en 2026 constituerait un soutien supplémentaire, compte tenu de la forte exposition régionale du pays.
La dynamique sectorielle reste dominée par la structure défensive du marché suisse. Le secteur de la santé, en raison de son poids important dans les indices, se distingue particulièrement. Il a été confronté à des incertitudes liées aux droits de douane pharmaceutiques et à la réglementation des prix des médicaments, mais les opérations de consolidation intervenues au dernier trimestre 2025 ont contribué à dissiper une partie des craintes. Avec la diminution des risques, nous estimons que le secteur de la santé devrait surperformer à mesure que les décotes de valorisation se réduisent.
Dans l’ensemble, le marché actions suisse bénéficie d’un profil sectoriel défensif, d’une valorisation attractive avec une décote d’environ 3% par rapport au MSCI AC World, contre une prime historique de 9% et de perspectives bénéficiaires solides. Le consensus anticipe une croissance des bénéfices par action d’environ 8% l’an prochain, avec un potentiel de revalorisation supplémentaire si les conditions macroéconomiques se stabilisent.
Dans cet environnement, les caractéristiques défensives du marché suisse et la solidité de ses bénéfices demeurent des points d’ancrage précieux pour les investisseurs.
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