Marchés actions: un leadership qui s’élargit

Yvan Pittet, Invesco

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En 2026, la hausse des actions s’élargit au-delà des mégacapitalisations et de la tech, portée par une amélioration plus diffuse des bénéfices.

 

L’année 2026 a jusqu’ici été tout sauf calme. Malgré un environnement marqué par d’importantes incertitudes économiques et géopolitiques, les économies comme les marchés ont fait preuve d’une résilience remarquable. Dans de nombreuses régions du monde, les bénéfices des entreprises ont dépassé les attentes, parfois dans des proportions particulièrement élevées, tandis que les analystes ont revu leurs prévisions à la hausse.

Cette évolution plaide en faveur d’un élargissement progressif de la dynamique sur les marchés actions. La hausse des rendements obligataires n’a jusqu’à présent pas enrayé ce mouvement. La rotation semble au contraire davantage liée à l’amélioration des perspectives bénéficiaires qu’à un repositionnement défensif. Les indices équipondérés affichent de bonnes performances comme on peut le voir sur le graphique, les révisions bénéficiaires progressent en Europe et la participation s’étend également aux valeurs décotées, aux valeurs cycliques, aux petites capitalisations et aux actions internationales.

Les bénéfices reviennent au premier plan

Cette tendance se reflète aussi dans l’évolution des bénéfices à l’échelle mondiale. Leur croissance s’est accélérée et a récemment dépassé les attentes. La composition du leadership boursier évolue donc elle aussi: au lieu de rester concentrée sur un nombre limité de très grandes entreprises technologiques, la dynamique a désormais profité à un éventail plus large de segments de marché.

La croissance des bénéfices s'est accélérée et dépasse les prévisions

Croissance du BPA du MSCI ACWI, en glissement annuel (%)


Source: Invesco, LSEG Datastream, au 31 août 2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

La thématique de l’intelligence artificielle ne semble pas pour autant s’essouffler. La croissance des bénéfices, l’adoption des technologies liées à l’IA et la rareté des capacités de calcul sont restés des moteurs importants. À notre avis en revanche, la question de la monétisation devrait gagner en importance. Pour les investisseurs, l’enjeu n’est donc plus seulement d’identifier les entreprises capables d’investir le plus dans l’IA, mais les entreprises ayant le potentiel et aussi celles qui parviennent à en tirer un rendement adéquat.

Dans ce contexte, le rôle dominant du secteur technologique pourrait perdre quelque peu de son caractère exclusif. Une dynamique de cours déjà très soutenue et des interrogations croissantes sur la rentabilité des investissements massifs dans l’IA invitent à une lecture plus nuancée. Parallèlement, la forte concentration de nombreux indices pondérés par la capitalisation pourrait rester un élément à prendre en compte dans la répartition du portefeuille de certains investisseurs même lorsque le leadership des mégacapitalisations repose sur des fondamentaux solides.

À notre avis, l’élargissement de la participation au marché doit donc être interprété moins comme un abandon de la technologie et de l’IA que comme une extension du scénario boursier actuel. Si la croissance des bénéfices et les révisions positives continuent de se diffuser à davantage de régions, de secteurs et de tailles d’entreprises, le leadership des marchés actions pourrait lui aussi devenir plus largement réparti.

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