- Le dollar américain (USD) se porte bien à la veille de la publication des chiffres de l'emploi non agricole (NFP) cette semaine.
- Les chiffres de l'indice PMI de la zone euro ont une nouvelle fois déçu, l'attention se tournant désormais vers le symposium de la BCE à Sintra (Portugal).
- Le dollar canadien (CAD) présente un potentiel d'appréciation limité (voire nul) à l'approche du début des négociations sur l'accord USMCA.
USD – Les chiffres de l'emploi non agricole (NFP) sous le feu des projecteurs
La semaine dernière, le dollar américain (USD) s’est légèrement raffermi face à la plupart des devises du G10, et l’indice du dollar américain (DXY) a atteint de nouveaux sommets annuels. Plusieurs événements notables ont soutenu le billet vert. Tout d’abord, les données Flash de l’indice PMI pour le mois de juin se sont révélées encourageantes dans tous les principaux secteurs, l’indice composite s’établissant à 52,2, ce qui témoigne d’une expansion de l’activité sous-jacente. Les données sur les revenus et les dépenses des ménages pour le mois de mai se sont également révélées constructives: elles ont montré que les consommateurs continuaient de ne pas se laisser décourager par la hausse des prix du pétrole – les chiffres s’établissant à 0,7% (revenus) et à 0,7% (consommation). L’inflation mesurée par l’indice PCE (la mesure privilégiée par la Fed) s’est établie à 4,1% en glissement annuel (inflation totale) et à 3,4% en glissement annuel (inflation sous-jacente (hors énergie et biens alimentaires)). L’inflation sous-jacente s’est également établie à 0,3% en glissement mensuel (m/m), ce qui témoigne d’un rythme soutenu de hausse des prix sous-jacents.
Les données sur la confiance des consommateurs ont également montré des signes d’amélioration, la composante «anticipations» de l’indice de l’Université du Michigan s’élevant à 50,7, soit un niveau supérieur à celui de mai (49,3). La parité EUR/USD a légèrement progressé à la suite de ces données, probablement en raison de prises de profits avant le symposium de la BCE à Sintra prévu cette semaine. Nous notons que les spreads de swap à deux ans ont également montré des signes de stabilisation, indiquant que la dynamique baissière à court terme s’est essoufflée.
Le contexte macroéconomique reste propice à une appréciation modeste du dollar américain à court terme – compte tenu de l’évolution des spreads de taux d’intérêt des Etats-Unis par rapport aux principales devises du G10 et des premiers signes de faiblesse des marchés actions (généralement favorables au dollar américain). Les événements majeurs pour le dollar américain cette semaine seront le discours du Président de la Réserve fédérale, M. Warsh, lors du symposium économique de la BCE, ainsi que la publication vendredi des chiffres sur l’emploi hors secteur agricole. Les prévisions (headline) tablent sur un chiffre de 115’000, ce qui témoigne d’un marché du travail robuste.
EUR – Focus sur les données de l’indice PMI
La semaine dernière, la parité EUR/USD a chuté jusqu’à des plus bas avoisinant 1,1350. Cette baisse reflétait le raffermissement du dollar américain. Les marchés des swaps indexés au jour le jour (OIS) ont révisé à la baisse leurs anticipations concernant les taux de la BCE à court terme, après que les déclarations de la Présidente de la BCE, Christine Lagarde, ont laissé entendre qu’elle ne jugeait pas nécessaire de procéder à un nouveau resserrement monétaire pour ramener l’inflation à l’objectif de 2%. Les données de l’indice PMI de la zone euro ont révélé une contraction de l’activité économique en juin, les récentes performances de l’indice PMI étant compatibles avec un PIB globalement stable au deuxième trimestre.
Le principal risque d’événement pour l’euro au cours de la semaine à venir sera la publication des données Flash de l’indice PMI de juin. Des chiffres inférieurs aux prévisions, tant pour l’IPC (CPI) global que pour l’IPC (CPI) ‘cœur’, pourraient réduire les anticipations de taux de court terme. Nous ne prévoyons pas un «rally» durable de l’euro à court terme, compte tenu des faibles indicateurs de croissance de la zone euro et de la contraction des anticipations de taux à court terme de la BCE. Les marchés se concentreront également sur le forum annuel de la BCE à Sintra, où Christine Lagarde et Kevin Warsh (de la Fed) prononceront tous deux d’importants discours sur la politique monétaire.
GBP – Déception concernant l’indice PMI
La semaine dernière, la paire GBP/USD a évolué dans une fourchette étroite, comprise entre 1,31 et 1,32. Elle est restée soutenue en dépit de la démission du Premier ministre Starmer, de données PMI britanniques plus faibles que prévu et d’un dollar américain plus fort tout au long de la semaine. Les données PMI britanniques ont indiqué que l’économie s’était contractée pour le deuxième mois d’affilée, ce ralentissement étant dû à la sous-performance persistante du secteur des services. Le secteur manufacturier s’est montré plus résilient, mais une grande partie de la demande du mois de juin a été soutenue par un comportement de constitution de stocks, dans un contexte de craintes persistantes concernant l’approvisionnement liées à la guerre.
Les marchés des swaps d’indice au jour le jour (OIS) ont réévalué leurs anticipations, en dépit de la position restrictive («hawkish») adoptée lors de la réunion de juin de la BoE. Les marchés ont jugé exagérée l’importance accordée par le Comité de politique monétaire (MPC) à l’inflation des prix de l’énergie liée à la guerre, et les baisses consécutives des cours du pétrole devraient limiter les risques de hausse de l’inflation. Nous notons l’absence de hausses significatives des revendications salariales, ce qui indique que les effets d’inflation de second tour ont été modérés. Dans l’ensemble, nous conservons une position prudente vis-à-vis de la livre sterling (GBP) et ne prévoyons pas de hausse significative par rapport à l’euro ou à l’USD.
AUD – Evolution des anticipations sur les taux d’intérêt
La semaine dernière, le dollar australien (AUD) est tombé sous la barre des 0,69. Cette évolution reflète la faiblesse de l'AUD. Les données de l’IPC (CPI) australien pour le mois de mai se sont révélées légèrement supérieures au consensus, l’indice moyen tronqué affichant une hausse de 0,4% en glissement mensuel (consensus: 0,3%). Cela a mis en évidence des pressions sous-jacentes plus fortes sur les prix, en dépit des trois hausses de taux opérées cette année par la Banque centrale australienne (RBA), ce qui a donné un peu plus de crédibilité à la position restrictive de la gouverneure de la RBA, Michele Bullock. Ceci a conduit les marchés OIS à maintenir globalement inchangées leurs anticipations de taux de la RBA. Parallèlement, les anticipations de taux pour la plupart des devises du G10 ont baissé sous l’effet de l’optimisme lié à la réouverture du détroit d’Ormuz, ce qui a permis une légère consolidation de la paire AUD/USD. Peu de données significatives concernant l’AUD sont attendues au cours de la semaine à venir et, à court terme, nous prévoyons que la paire AUD/USD continuera à évoluer dans les fourchettes observées récemment.
CAD – L’accord USMCA sous les projecteurs
La semaine dernière, la paire USD/CAD s'est négociée à la hausse, atteignant des niveaux autour de 1,42. Cette tendance haussière reflétait la faiblesse du dollar canadien, la forte baisse des prix de l'énergie ayant nui aux termes de l'échange du Canada. Les données sur l'inflation ont montré que les prix en mai avaient été tirés à la hausse par la montée du prix du pétrole, l'IPC (CPI) global s'établissant au-dessus du consensus à 3,2% en glissement annuel. Toutefois, l’IPC sous-jacent s’est établi conformément aux attentes, à 2,2% en glissement annuel, ce qui suggère que les pressions sur les prix sous-jacents restent limitées et n’ont pas été significativement impactées par le choc énergétique. Les marchés OIS ont écarté toute hausse des taux de la Banque du Canada cette année. En dépit d’une récente amélioration de l’emploi, l’économie canadienne présente encore une marge de manœuvre considérable, et la très faible activité économique signifie qu’aucun argument sérieux en faveur d’une hausse des taux par la Banque du Canada ne s’est concrétisé.
Le principal risque d'événement de la semaine à venir est la première réunion trilatérale sur l’accord commercial USMCA, prévue le 1er juillet. Celle-ci devrait marquer le point de départ des négociations et nous ne prévoyons pas la conclusion d’un accord définitif avant plusieurs mois, ce qui laisse peu de perspectives d’un «rally» du CAD.
JPY – Suivi des interventions
La semaine dernière, la paire USD/JPY s'est négociée juste en dessous du seuil des 162,00. Ces fluctuations reflétaient une prudence des opérateurs face aux craintes grandissantes d'une nouvelle intervention sur le marché des changes de la part des autorités de Tokyo, alors que le yen s'affaiblissait au-delà de ses plus bas niveaux depuis 40 ans. Les données de l'IPC ont montré que l'inflation à la consommation à Tokyo avait augmenté en juin, l'indice hors produits alimentaires frais, réputés volatils, progressant de 1,6% en glissement annuel.
Nous notons que la paire USD/JPY s’est appréciée en dépit d’une baisse de 10 pb des rendements américains à deux ans, ce qui illustre que les marchés s’accommodent de plus en plus d’un yen globalement faible. Les autorités de Tokyo ont une nouvelle fois renforcé leur discours sur les interventions – et les marchés restent en alerte face à une éventuelle intervention. Nous notons que les ‘risk reversals’ à un mois – qui mesurent le coût d’une option d’achat (call) sur le dollar américain/d’une option de vente (put) sur le yen par rapport à celui d’une option de vente sur le dollar américain/d’une option d’achat sur le yen – sont orientés vers les options de vente sur le dollar américain, ce qui donne une indication du sentiment actuel du marché. Les principales publications de données seront celles de l’enquête Tankan (mercredi) et des chiffres de l’emploi non agricole des Etats-Unis (NFP) en fin de semaine.