La liberté économique est encore plus basse qu’à l’ère du covid

Emmanuel Garessus

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Après un plus bas en 15 ans, la liberté économique rebondit un peu en 2026 dans un monde «globalement non libre», selon l’indice de la Heritage Foundation.

 

La liberté économique n’a pas le vente en poupe. Le critère des choix politiques est celui de l’égalité et non pas celui de la liberté. Conséquence logique, le libéralisme est en déclin. Le libéralisme consiste à placer la liberté au-dessus de l’égalité, déclare la philosophe Chantal Delsol dans un podcast du magazine Civilisation. Or la liberté économique est «le socle de toutes les autres libertés», affirme Jean-Louis Harouel, dans «Les mensonges de l’égalité». Il explique que «sans la liberté de produire des biens et services, de les vendre, de posséder, de s’enrichir, de se constituer une propriété, on est dans une situation inférieure à celle du servage».

Le déclin de liberté économique a été sensible à l’époque du covid et de ses mesures de précaution, de contraintes et d’«infantilisation», pour reprendre le titre du livre de Mathieu Laine. Calculé par la Heritage Foundation pour 176 pays, le score global de l’indice de liberté économique est tombé à un plus bas en 2023 (en se basant sur les statistiques pour 2022). Et l’indice 2026, récemment publié, est encore inférieur à celui de 2022…

12 critères pour évaluer la liberté économique

La liberté économique est évaluée par la Heritage Foundation à l’aune de 12 critères répartis en 3 catégories, soit l’état de droit (droits de propriété, efficacité de la justice, intégrité de l’Etat), la taille de l’Etat (charge fiscale, dépenses publiques, santé budgétaire), l’efficience réglementaire (liberté des affaires, liberté du travail, liberté monétaire) et l’ouverture des marchés (liberté du commerce, liberté des investissements, liberté financière).

«La liberté économique avait progressé de 2010 à 2019 avant de chuter lors de la crise du covid.»

Tout le monde, et surtout les plus pauvres, profite économiquement d’une augmentation de la liberté économique. C’est le principal moteur de lutte contre la pauvreté (et non pas les subventions et aides). «Lorsque l’on compare les 25% de pays bénéficiant de la plus grande liberté économique aux 25% de pays les moins libres, on constate ce qui suit: Le revenu moyen dans les 25% de pays les plus libres atteint 65'596 dollars, soit 6,9 fois plus que dans les 25% de pays les moins libres, où il ne s’élève qu’à 9552 dollars», écrit la Heritage Foundation, auteur de l’indice de liberté économique.

Tandis que le PNUD annonce la première hausse de son indice de pauvreté multidimensionnelle depuis 2010, l’indice de la Heritage Foundation révèle que la pauvreté frappe 15,5% de la population dans les pays «majoritairement non libres» contre 3,6% dans les pays «modérément libres».

Stabilisation de l’indice en 2026

La liberté économique avait progressé de 2010 à 2019 avant de chuter lors de la crise du covid. En 2026, l’indice global rebondit modestement. Nous pourrions plutôt parler d’une stabilisation. Mais la moitié du monde reste globalement «non libre» (score inférieur à 60). Or que l’analyse porte sur 5, 15 ou 25 ans, les pays qui augmentent la liberté économique présentent un taux de croissance supérieure à ceux qui la réduisent.

Seuls les 4 premiers pays du classement de la Heritage Foundation sont qualifiés de «libres» économiquement, à savoir Singapour (leader), la Suisse, l’Irlande et l’Australie. Les quatre obtiennent un score supérieur à 80. Celui de la Suisse est stable d’une année à l’autre (83,7). Mais depuis le début du siècle, la tendance de la Suisse est ascendante.

Etrangement, si l’on considère le comportement erratique de Donald Trump, les Etats-Unis améliorent nettement leur score et passent au 22e rang en 2026. La plus forte progression de liberté économique en 2026 est l’œuvre de l’Argentine de Javier Milei même si elle n’est que 106e. Javier Milei a su insuffler un nouvel état d’esprit dans son pays. C’est précisément à ce niveau, celui des idées, que peut émerger la liberté économique. «Donnez aux gens ordinaires le droit à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur – aux antipodes de la vieille tyrannie (et, de nos jours, des réglementations, de la planification industrielle et des permis de travail) –, et ils se mettront à concevoir de nouvelles idées de toutes sortes», écrivent Deirdre M.Closkey et Art Carden dans «Laissez-moi faire et je vous rendrai riche».

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