Ce trimestre, deux questions fondamentales se sont présentées:
- La première, le marché est-il très optimiste? Nous avons constaté une tendance «Fear of Missing Out» (FOMO), ou la peur de rater la hausse, qui a poussé les investisseurs à rester exposés malgré des signaux contrastés.
- La deuxième, comment naviguer dans un environnement où la hausse du prix du pétrole pèse sur les consommateurs et les industriels tandis que le déploiement massif de l’intelligence artificielle crée des opportunités réelles dans les data centers, les semi-conducteurs et l’électrification?
Dans ce contexte, nous avons vécu un premier trimestre en trois temps en Europe.
- L’euphorie de début d’année. L’Euro Stoxx 50 progressait de près de 7% fin février, portée par les thématiques IA et électrification. ASML et Siemens Energy évoluaient en hausse de près de 40% en moins de 2 mois. Mais les performances étaient déjà très dispersées: SAP perdait près de 20% et LVMH plus de 14%.
- Le choc. Le déclenchement du conflit iranien a provoqué une correction brutale de près de 10%, partiellement compensée par le rebond des valeurs pétrolières face à la hausse du baril. Mais cela n’a duré qu’un mois.
- Le retour. L’annonce d’une trêve a vu revenir les thématiques d’avant-guerre: notamment l’IA et la souveraineté européenne, et le marché a retrouvé presque ses niveaux d’avant.
La capacité du marché à anticiper et à se projeter au-delà du conflit était remarquable. Les révisions de résultats ont progressé, d’abord sur les pétrolières et les bancaires, compensant la pression sur les valeurs de consommation. Ce sont ces anticipations qui ont laissé de la marge de progression au marché.
Aux États-Unis, la sous-performance des 7 Magnifiques en début d’année a profité au Russell 2000. Les annonces d’Anthropic et d’OpenAI ont provoqué des vagues de vente sur les logiciels et services informatiques. La rotation a été violente.
Les révisions de résultats ont recréé un potentiel de rebond, avec des multiples redevenus attractifs, même si le marché a sans doute sous-estimé les effets durables du blocage d’Ormuz.
Autre facteur à surveiller, les midterms aux États-Unis. Quels secteurs seront à privilégier d’ici les élections de mi-mandat? Les cycliques, les gagnants de l’IA et le secteur défense sont à priori soutenus par les projections d’investissement en IA.
Perspectives
En ce début de trimestre, nous restons prudemment optimistes et sélectifs. Les tendances structurelles, à savoir les data centers, l’électrification et la souveraineté, sont tous des thématiques de fond durables.
Nous privilégions les cycliques industrielles, les financières, les semi-conducteurs, mais aussi les utilities ainsi que les valeurs moyenne capitalisations européennes en général dans un contexte économique stabilisé.
En conclusion, le marché actions a intégré une fin prochaine du blocage du détroit d’Ormuz.. Nous restons confiants sur les mois qui viennent. La saison des publications de résultats devrait venir confirmer les anticipations de croissance de résultats, en étant sélectif sur la capacité des sociétés à absorber l’inflation des couts. Les tendances structurelles telles que l’IA, les investissements en Europe ou la souveraineté soutiennent la tendance longue.
Nous restons attentifs à toute inflexion du côté des taux et de la géopolitique, focalisant notamment sur l’inflation.
Source: Bloomberg