Droits de douane américains… un sujet qui pourrait refaire surface cet été

François Rimeu, Crédit Mutuel Asset Management

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Les comptes publics américains ne s’améliorent pas, bien au contraire, alors qu’ils constituaient l’un des principaux objectifs de la hausse des droits de douane.

Les droits de douane mis en place par Donald Trump avaient brièvement mais violemment déstabilisés les marchés financiers en 2025. Depuis, le sujet est devenu moins central, à la fois parce que l’administration républicaine a subi plusieurs revers juridiques sur ce dossier, mais aussi parce qu’il n’a plus été mis en avant par le président américain. Cette situation pourrait toutefois évoluer au cours de l’été.

Les comptes publics américains ne s’améliorent pas, bien au contraire, alors qu’ils constituaient l’un des principaux objectifs de la hausse des droits de douane. La balance commerciale s’est établie à -$77 milliards à fin mai, soit l’un des niveaux les plus dégradés hors période Covid. Les comptes courants sont eux aussi beaucoup plus déficitaires qu’escompté au premier trimestre, à -$226 milliards vs -$208 milliards attendus. (Source: Bloomberg, mars 2026) La tendance reste préoccupante et ne devrait pas nécessairement s’améliorer avec les achats massifs de puces et autres semi-conducteurs par les géants américains de la technologie, dont une partie provient de Taiwan et de Corée du Sud.

L’été sera par ailleurs jalonné de différentes échéances qui vont naturellement entrainer de nouvelles prises de position de la part de l’exécutif américain. Par exemple, les Etats-Unis ont décidé de ne pas renouveler l’actuel Accord Canada–États-Unis–Mexique (USMCA) et d’opter pour des renégociations annuelles. Dans ce cadre, des discussions sont prévues le 20 juillet à Mexico. 

Pour mémoire, Donald Trump avait imposé, en février dernier, 10% de droits de douane à l’ensemble des partenaires commerciaux des Etats-Unis, après que la Cour suprême ait conclu que les droits de douane imposés via l’IEEPA  étaient illégaux. Ces mesures arrivent à échéance fin juillet et seront probablement remplacées par d’autres mécanismes (probablement fondés sur la section 301 du Trade Act de 1974).

Par ailleurs, l’accord entre l’Union européenne et les Etats-Unis, qui prévoit un plafond des droits de douane à 15%, semble relativement fragile malgré sa ratification en juin. Donald Trump a, à plusieurs reprises, menacé, post accord, l’industrie automobile. Le sujet de la taxation du numérique demeure également sensible, en particulier avec la France. 

Enfin, la fin de l’été pourrait marquer la reprise des discussions entre les Etats-Unis et la Chine. La «trêve» commerciale qui avait été signée expire en novembre prochain, et de nouvelles négociations devraient reprendre autour de la rentrée.

Il nous semble donc possible, voire probable, que la question des droits de douane redevienne un sujet majeur pour l’administration républicaine pendant l’été. Il s’agit d’un des sujets préférés de l’exécutif américain, et la perspective des élections de mi-mandat pourrait l‘inciter à revenir à un sujet qu’il considère populaire auprès de son électorat. De la même façon, le Groenland redevient depuis peu un sujet de discussion. Cela entraînera-t-il des conséquences importantes sur les marchés? Il n’y a aucune certitude à ce sujet. Il convient d’attendre la teneur des discussions. Néanmoins, ces développements pourraient être vecteurs d’incertitude et donc de volatilité dans un contexte où les chaines d’approvisionnement mondiales sont déjà sous pression.

Quelle allocation dans ce contexte d’incertitudes? 

Si nous conservons à ce stade une allocation favorable aux actions et aux parties courtes de la courbe de taux, soutenues par la forte baisse du prix de pétrole, la prochaine saison des résultats (qui devrait être bonne) et un positionnement relativement neutre de la part des investisseurs, nous restons plus prudents sur les parties longues de la courbe. Ces dernières avaient en effet beaucoup souffert lors des précédentes tensions commerciales au printemps dernier.

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