Aucune solution à long terme ne se profile encore dans le conflit avec l'Iran. Or, globalement, les répercussions économiques demeurent jusqu'à présent nettement moins négatives que ce que l'on craignait initialement. La croissance dans la zone euro ne sera pas immédiatement étouffée. En Suisse aussi, le moral semble s’améliorer. En même temps, la pression sur les prix est bien moins forte qu'il y a quatre ans et l'inflation reste faible, surtout en Suisse. Le franc s'étant lui aussi déprécié, la Banque nationale suisse (BNS) peut observer la situation en toute sérénité, sans intervenir.
Il y a du mouvement du côté des douanes américaines. Peu avant le déclenchement de la guerre contre l'Iran, la Cour suprême avait déclaré illégales les sanctions douanières spécifiques à certains pays qui invoquaient l'état d'urgence national. À ce jour, plus de 100 milliards de dollars, soit plus de la moitié de ce montant, ont déjà été remboursés. À la suite de cet arrêt, de nouveaux droits de douane transitoires ont été instaurés, sur la base d'un déséquilibre de la balance des paiements, à un taux généralement fixé à 10%. Ils ont expiré le 24 juillet, après une échéance maximale de 150 jours.
L’administration américaine les a remplacés sans heurts par des droits supplémentaires de 10% ou 12,5% visant 60 pays, au motif que leurs partenaires ne luttaient pas suffisamment contre le travail forcé. Cette base juridique, moins controversée, permet une application indéfinie.
La Suisse est certes frappée par un taux maximal de 12,5%, mais en raison de l'accord douanier conclu avec les États-Unis, il s'applique le droit de douane standard de l'OMC.
Au vu du grand nombre de produits exemptés, avant tout pour le secteur pharmaceutique, le droit de douane moyen effectif sur les exportations suisses n'augmente donc que modérément, de 4,2% à 4,6%, selon le Global Trade Alert.
C'est en Chine qu'il est le plus élevé, avec 27,2%, et en Irlande le plus bas, avec 2,8% – tiré là aussi par le secteur pharmaceutique. Depuis fin juillet, certains produits pharmaceutiques protégés par un brevet sont soumis à des droits de douane sectoriels distincts, mais pour l'instant, seules 17 grandes entreprises sont concernées à l'échelle mondiale. Et, dans le cadre d'accords bilatéraux avec les États-Unis, des dérogations, assorties de promesses d'investissements et de baisses de prix ponctuelles ont été négociées y compris par Roche et Novartis.
Dès fin septembre, les petites entreprises pharmaceutiques sans production aux États-Unis risquent toutefois des droits allant jusqu’à 100%. L’accord douanier devrait les plafonner à 15% pour les entreprises suisses. Dans l’ensemble, la charge augmente donc modérément et reste supportable.