Commentaire hebdomadaire de Raiffeisen

Jeffrey Hochegger, Raiffeisen Suisse

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Alors que la nervosité augmente sur les marchés des taux d’intérêt, les marchés des actions se montrent sereins. Les premières indications concernant les résultats trimestriels à venir sont positives.

La hausse des taux d’intérêt pèse

Les obligations d’Etat françaises à 10 ans ont presque dépassé la barre des 5% cette semaine. Elles n’avaient plus atteint un niveau aussi élevé depuis 2002. La hausse des taux alourdit les coûts du budget de l’Etat, déjà déficitaire (cf. le graphique de la semaine), ce qui a ravivé les craintes d’une nouvelle crise financière européenne. Dans le sillage de ce mouvement, les rendements des obligations italiennes à 10 ans ont également progressé, atteignant 4,7%. La prime de risque a donc nettement augmenté pour les deux pays, car l’Etat allemand ne doit payer «que» 3,5% pour ses dettes.

Un SMI sans direction

Dans un contexte pauvre en nouvelles, le Swiss Market Index (SMI) a évolué largement à l’horizontale au cours de la semaine. Montana Aerospace, fournisseur de l’aéronautique, a confirmé sa stratégie de croissance et ses objectifs pour l’année en cours et la suivante. Le cours de ses actions n’a toutefois pas réagi à ces annonces. Depuis le début de l’année, le titre a perdu près d’un cinquième de sa valeur.

Les bourses américaines à la conquête de nouveaux records

Aux Etats-Unis, les investisseuses et investisseurs semblent évoluer dans un contexte favorable. Le S&P 500, indice large du marché américain, ainsi que le Nasdaq, fortement orienté sur les valeurs technologiques, ont de nouveau atteint des niveaux records en début de semaine, avant de se consolider un peu pendant la seconde moitié de la semaine. Les indices boursiers sont notamment portés par Nvidia. Grâce à une performance des actions de près de 30% depuis le début de l’année, le fabricant de semi-conducteurs confirme sa position d’entreprise la plus valorisée au monde. Sa capitalisation boursière atteint désormais 5700 milliards de dollars américains. Cela signifie toutefois aussi que l’actualité boursière dépend fortement du cours de l’action de Nvidia. La bonne santé persistante du secteur technologique a également été illustrée par le groupe électronique sud-coréen Samsung, qui a multiplié par neuf son bénéfice pendant le dernier trimestre. Le fabricant taïwanais de semi-conducteurs TSMC a augmenté son chiffre d’affaires de 50% ces trois derniers mois par rapport à l’année précédente, dépassant ainsi ses propres prévisions.

Consolidation à un niveau élevé

L’indice des directeurs d’achat américains dans le secteur des services s’établit à 54,9 points, soit clairement dans la zone d’expansion, qui commence au-dessus de 50 points. Le secteur américain des services, et avec lui le moteur économique, semblent donc en bonne forme. Le léger recul de l’indicateur en glissement mensuel, alors qu’il se situait à 55,4, joue un rôle secondaire. L’indicateur partiel, qui prend en compte les coûts, incite toutefois à la prudence. Celui-ci a augmenté de 1,4 point en septembre pour atteindre 74,0. En tant qu’indicateur avancé, il laisse entrevoir une hausse de l’inflation, ce qui place la Fed sous pression pour relever ses taux directeurs.

Les grandes banques américaines en ligne de mire

Goldman Sachs, Wells Fargo, JPMorgan, Citigroup, Bank of America et Morgan Stanley, publieront la semaine prochaine leurs résultats trimestriels et dévoileront ainsi leurs comptes. Ces résultats, ainsi que leurs perspectives, constituent un indicateur important de la santé conjoncturelle des Etats-Unis. Les provisions constituées pour les crédits présentant un risque de défaut permettent notamment de mesurer la manière dont les établissements évaluent les risques liés aux prix élevés de l’énergie et à la hausse des taux d’intérêt.

Le carrousel des crédits continue de tourner

La société spatiale SpaceX souhaite acheter pour 40 milliards de dollars de produits semi-conducteurs auprès du fabricant Nvidia. L’objectif est de développer l’infrastructure de l’IA. Alors que 10 milliards de dollars seront financés par un crédit bancaire, SpaceX entend lever les 30 milliards restants sur les marchés des capitaux sous forme d’obligations. L’un des défis pourrait être que de nombreuses entreprises ayant des besoins similaires se présentent actuellement sur le marché. La course aux capitaux des investisseuses et investisseurs bat donc son plein. L’avenir nous dira à quel point ces derniers sont disposés à financer ces projets d’IA.

Graphique de la semaine

 

En 1980, l’Etat français a enregistré pour la dernière fois un excédent, d’un montant équivalent à 3 milliards d’euros. Depuis, il n’y a eu que des déficits. Rien que l’année dernière, celui-ci dépassait les 150 milliards d’euros. Les déficits sont financés par l’endettement, et cela crée un cercle vicieux. Les investisseurs exigent une prime de risque de plus en plus élevée pour l’argent supplémentaire. Le processus est progressif, jusqu’à ce que le vase déborde. En France, cela semble avoir été le cas ces dernières semaines. Lorsque cela concerne la «Grande Nation», cela a des conséquences pour toute l’Europe. Il ne faut toutefois pas s’attendre à une reprise prochaine.

GROS PLAN

Nestlé mise sur le basket-ball

Le groupe alimentaire Nestlé conclut un partenariat de plusieurs années avec la ligue de basket-ball nord-américaine NBA.

LE PROGRAMME

Saison de publication des résultats en Suisse

La saison des résultats débute également en Suisse la semaine prochaine, avec la publication des chiffres d’affaires et des entrées de commandes de Givaudan, Sulzer, Bossard, VAT, Cicor, DocMorris et Kuros.

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