Les derniers chiffres de l’emploi aux États-Unis, publiés jeudi, sont contrastés: le chômage est passé de 4,3% à 4,2% en juin mais la première économie mondiale a créé dans le même temps moitié moins d’emplois qu’attendu.
Selon les statistiques officielles, 57’000 emplois ont été créés sur la période, quand les investisseurs en escomptaient autour de 110’000, d’après les différents consensus.
Les créations nettes d’emplois au cours des mois précédents ont été nettement revues à la baisse.
En cumulé, entre avril et juin, les créations nettes s’élèvent à 334’000, soit plus de 110’000 par mois en moyenne.
La surprise en juin vient du secteur des loisirs et de l’hôtellerie-restauration, qui a détruit 61’000 emplois, alors qu’un effet Coupe du monde de football était attendu, le pays accueillant de nombreuses rencontres.
Le service statistique souligne que les embauches sont «plus faibles» que d’habitude en cette saison.
Au total, plus de sept millions d’Américains sont au chômage, dont près de deux millions en chômage longue durée.
Un réveil du marché du travail semblait s’amorcer ces derniers temps, alors qu’il s’était comme mis en hibernation l’an dernier, surtout à partir du moment où le président Donald Trump a mis en place une vague de nouveaux droits de douane.
Les experts voient encore largement la situation comme étant en mode «no hire, no fire», ou «low hire, low fire» (pas ou peu d’embauche, pas ou peu de licenciement).
Les bouleversements liés à l’intelligence artificielle (IA) créent une couche d’incertitude supplémentaire en posant la question des emplois et compétences qui seront nécessaires à l’avenir.
«Alors que les craintes d’une suppression généralisée d’emplois [à cause de l’IA] se sont intensifiées, son adoption s’avère plus progressive et plus coûteuse que beaucoup ne l’avaient prévu», relevait cette semaine Gregory Daco, économiste à EY.
«Les entreprises recourent de plus en plus à l’IA pour améliorer leur productivité et maîtriser leurs coûts de main-d’oeuvre, mais, jusqu’à présent, cette technologie semble renforcer la sélectivité à l’embauche plutôt que de déclencher des licenciements à grande échelle», ajoutait-il.