Matières premières: ruée vers l’or, le zinc et le sucre

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Vendredi vers 15h45, à New York, la livre de sucre brut s’échange à 17,48 cents, après avoir touché 18,26 cents jeudi au plus haut depuis mars 2025, contre 16,60 cents sept jours auparavant.

Les cours du sucre ont bondi cette semaine, reflétant une conjecture inquiétante sur la production mondiale, entre mousson défavorable en Inde, anticipation d’un phénomène El Niño très puissant et hausse des cours du pétrole.

L’Inde est le deuxième producteur mondial de sucre après le Brésil et fait face à une mousson moins pluvieuse que d’habitude, ce qui est négatif pour la production.

«Le gouvernement indien pourrait autoriser les sucreries à importer jusqu’à 1 million de tonnes de sucre» sans les soumettre aux droits de douane du pays, dans le but de baisser les prix intérieurs qui ont atteint des niveaux records, explique Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

Le marché s’inquiète aussi du phénomène climatique El Niño qui devrait être le plus intense jamais observé depuis plus d’un siècle.

Ce phénomène météorologique est associé à la sécheresse dans plusieurs régions productrices de sucre, notamment l’Inde, la Thaïlande et l’Australie, selon M. Fritsch.

La remontée du prix du pétrole cette semaine a en plus favorisé la hausse du cours du sucre.

Celle-ci rend plus attractif la production d’éthanol à partir de la canne à sucre, et «ces tendances sont déjà visibles dans la principale région productrice, le Centre-Sud, au Brésil, premier pays producteur», affirme M. Fritsch.

Vendredi vers 13H45 GMT, à New York, la livre de sucre brut pour livraison en octobre valait 17,48 cents, après avoir touché 18,26 cents jeudi au plus haut depuis mars 2025, contre 16,60 cents sept jours auparavant.

A Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison le même mois valait 549 dollars vendredi, après avoir touché 566,80 dollars jeudi, contre 511,20 dollars le vendredi précédent à la clôture.

Or massif

L’or a connu une semaine particulièrement fructueuse, profitant d’un dollar plombé par la volonté du Trésor américain de doper ses achats obligataires, ce qui peut présager d’un maintien des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed) dans un avenir proche.

En annonçant mercredi que ses opérations d’achats d’obligations à long terme passeraient au 9 septembre de 2 milliards maximum à au moins 4 milliards, le ministère américain des Finances souhaite calmer la flambée des taux obligataires.

Cette solution pourrait aussi éviter de recourir à un resserrement monétaire de la Fed afin de freiner l’inflation, et en conséquence modérer le coût d’emprunt des Etats-Unis.

La perspective que la Fed laisse ses taux d’intérêts inchangés au lieu de les remonter plombe le billet vert. En conséquence, l’or devient une valeur refuge plus intéressante à détenir pour les investisseurs.

Bien que les rendements obligataires soient depuis remontés, «le dollar a poursuivi sa baisse, sans doute parce que les investisseurs estiment que le Trésor tentera à nouveau» une opération de ce type, estime David Morrison, analyste chez Trade Nation.

Par ailleurs, la dette du gouvernement américain reste astronomique, et dépasse désormais la barre symbolique des 40.000 milliards de dollars.

Aussi, «la demande d’or en tant que valeur refuge augmente, à mesure que les inquiétudes concernant la montée de l’endettement public refont surface» aux Etats-Unis, ajoute Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank.

Vendredi, l’once du métal jaune (31,1 g) a dépassé à Londres les 4.600 dollars, un prix inédit depuis la mi-mai.

Elle s’échangeait à 13H45 GMT à 4.585,57 dollars, contre 4.376,40 dollars à la clôture la semaine passée.

Zinc royal

Le zinc est monté cette semaine à la Bourse des métaux de Londres (LME), et évolue au plus haut depuis 2022, en raison d’inquiétudes sur la production.

En juillet «la production chinoise de zinc a été faible», signale Barbara Lambrecht de Commerzbank.

Par ailleurs, les frais de traitement pour transformer le minerai brut en zinc pur ne permettent pas de tirer des profits suffisants pour les usines qui raffinent le métal et «freinent également la production dans ce segment», explique l’analyste.

Sur le LME, une tonne de zinc coûtait 3.819,50 dollars vendredi, contre 3.756,50 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

Le cuivre est resté stable cette semaine, tiraillé entre plus de réserves dans les entrepôts du LME et une baisse de la production chinoise en juillet.

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