La Chine continue d’entraver la bonne marche de Swatch

AWP

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Le chiffre d’affaires net du groupe horloger chute de 10,4% au premier semestre pour atteindre 3,1 milliards de francs. L'action parvient toutefois à clôturer en nette hausse.

Swatch a vu ses ventes poursuivre leur recul au premier semestre de cette année, résultat que le groupe horloger impute «essentiellement» à la consommation en berne en Chine. Pourtant, il affirme percevoir une lueur d’espoir dans l’Empire du Milieu, les détaillants se disant à nouveau prêts à approvisionner leurs stocks.

Entre janvier et la fin juin, le chiffre d’affaires net a chuté de 10,4% (-7,1% à taux constants) à 3,1 milliards de francs, a indiqué l’entreprise biennoise jeudi dans un communiqué.

Au niveau de la rentabilité, le résultat opérationnel (Ebit) a été divisé par trois, passant à 68 millions, et le bénéfice net a été presque neuf fois moins élevé, s’affichant à 17 millions contre 147 millions à la même période un an plus tôt.

Le fait de maintenir ses employés et de ne pas recourir aux réductions des horaires de travail (RHT), malgré le recul de la production, et d’investir dans le développement des marques est ce qui a contribué à cette réduction drastique du bénéfice du groupe, a expliqué à l’agence AWP son patron Nick Hayek. «Il faut s’en tenir à notre résultat opérationnel qui a certes été divisé par trois mais reste solide. Nous n’avons en outre pas de dette», a-t-il fait valoir.

Quant au recul conséquent des ventes, il est «exclusivement imputable à la Chine, y compris Hong Kong et Macao», selon Swatch. Pourtant, et en porte-à-faux avec la majorité des analystes qui ne prévoient pas de reprise en Chine «dans les prochains mois», celui qui a pris les rênes de l’entreprise familiale biennoise en 2010 assure y observer les prémices d’une stabilisation. «Chez les détaillants, on voit que le niveau des stocks diminue et qu’ils sont prêts à acheter», dit-il, tout en précisant que «l’on part sur un niveau de comparaison très bas» et qu’il s’agit donc d’une ébauche de reprise.

Les analystes sceptiques

«La stimulation on la voit sur le terrain, il y a un changement positif, surtout chez Swatch, Omega et Tissot», poursuit-il. Une situation qui permet à Swatch de s’aventurer sur le terrain de pronostics favorables, prédisant «une amélioration du marché en Grande Chine» au second semestre.

Parmi les observateurs, l’heure est plutôt au scepticisme. Patrik Schwendimann de la Banque cantonale de Zurich (ZKB) dit au contraire craindre «un nouveau semestre au ralenti». Quant à l’expert de Vontobel, Jean-Philippe Bertschy, il avance que «les attentes du marché devront être revues à la baisse de manière significative. La société doit de toute urgence retrouver une croissance positive et, plus important encore, un flux de trésorerie disponible positif».

Aux peu confiants, Nick Hayek rétorque «ne pas pouvoir être pessimiste», mettant en avant la progression des ventes partout ailleurs dans le monde avec une croissance à deux chiffres en Amérique du Nord, en Inde, en Turquie, au Moyen-Orient et en Australie. «La Chine, ce n’est pas tout», clame le directeur général, qui ajoute que les Etats-Unis, le Japon et l’Inde continuent de présenter «un fort potentiel».

Aux Etats-Unis, les marques Swatch, Omega et Tissot sont en plein essor, avec des hausses de ventes semestrielles de 10 à 30%, et cela malgré l’imposition de 10% de droits de douane par le président américain Donald Trump au 1er mai. «Nous avons ajusté nos prix d’environ 5% et nous n’avons observé aucun effet négatif», a soutenu M. Hayek.

La menace d’une nouvelle salve douanière de la part du locataire de la Maison-Blanche n’alarme pas le géant horloger suisse, même si M. Hayek reconnaît que «cela n’est jamais quelque chose de positif». A ses yeux, le franc fort est bien plus préjudiciable. «Mais on se débrouille, on n’a malgré cela jamais douté d’investir en Suisse en francs», conclut-il.

Jeudi, le titre Swatch a clôturé à 141,10 francs, soit une progression de 2,88%, dans un SMI en hausse de 0,43%.

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