La croissance allemande portée par le commerce extérieur

AWP

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Après un accord avec les sociaux-démocrates du SPD, Angela Merkel a jeté les bases d’un quatrième mandat. Mais un obstacle subsiste: le vote prévu sur le contrat de coalition des quelque 460’000 militants du SPD, dont le résultat est attendu le 4 mars.

La croissance de l’économie allemande est ressortie à 0,6% au quatrième trimestre, tirée par le commerce extérieur, a indiqué mercredi l’office fédéral des statistiques Destatis, confirmant par ailleurs la croissance de 2,2% pour l’ensemble de l’année 2017.

Les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset s’attendaient à une telle progression.

Destatis a toutefois légèrement revu à la baisse la croissance du produit intérieur brut allemand (PIB) au troisième trimestre, ressortie à 0,7% contre une hausse de 0,8% initialement annoncée.

Mi-janvier, Destatis avait publié le chiffre de la croissance allemande pour 2017 (+2,5% en données corrigées des variations calendaires) sans préciser l’évolution du PIB pour la période d’octobre à décembre.

Sur le dernier trimestre de l’année écoulée, «les impulsions positives par rapport au trimestre précédent sont venues majoritairement de l’étranger», explique l’office dans un communiqué.

D’après des données provisoires, les exportations ont nettement progressé par rapport au troisième trimestre, ce qui a contribué à la croissance de la première économie allemande.

En Allemagne, «alors que l’Etat a augmenté ses dépenses, les dépenses de consommation privées sont restées à peu près au niveau du trimestre précédent», ajoute Destatis.

«Cette première estimation de la croissance au quatrième trimestre confirme la performance solide de l’économie allemande en 2017», a commenté Carsten Brzeski, économiste en chef chez ING Diba. «Il s’agit de la plus forte croissance annuelle depuis 2011», a-t-il salué.

Fin janvier, Berlin a nettement revu à la hausse ses prévisions pour 2018. Le gouvernement allemand table désormais sur une croissance du PIB de 2,4%, contre 1,9% escompté jusqu’alors, après 1,9% en 2016 et donc 2,2% en 2017.

«Les fondamentaux qui ont porté la croissance en 2016 et 2017 devraient être encore présents en 2018», estime M. Brzeski. «La seule question est désormais de savoir quelle stimulation supplémentaire les taux d’intérêt bas, le marché du travail solide et le récent essor économique de l’ensemble de la zone euro peuvent encore apporter au cycle mature de l’économie allemande. Il reste encore de la marge, selon nous».

Des risques demeurent toutefois comme les menaces protectionnistes ou le renchérissement de l’euro.

Sans compter les turbulences politiques allemandes. «Tandis que l’économie allemande reste solide comme un roc (...), suivre la vie politique allemande est en ce moment encore mieux qu’enchaîner des épisodes de séries comme House of Cards», plaisante l’économiste.

Au terme de mois de tergiversations et après un accord au forceps avec les sociaux-démocrates du SPD, la chancelière conservatrice Angela Merkel a jeté début février les bases d’un quatrième mandat. Mais un obstacle de taille subsiste: le vote prévu sur le contrat de coalition des quelque 460’000 militants du SPD, dont le résultat est attendu le 4 mars.