La BoE juge les banques britanniques «résilientes», perturbations possibles

AWP

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La BoE attribue cette solidité à un renforcement substantiel du ratio de solidité financière depuis la crise financière cette année à 15,8% fin septembre.

La Banque d’Angleterre (BoE) a estimé vendredi que les banques britanniques étaient résilientes face aux risques combinés du Brexit et de la pandémie de Covid-19. L’insitut d’émission a toutefois noté que des «perturbations» étaient possibles dans les services financiers après la période de transition.

Le comité de politique financière (FCP) de la banque juge que le système bancaire britannique est capable de faire face à «un vaste éventail de possibles scénarios économiques» et qu’il a la «capacité de continuer à (prêter) aux entreprises et ménages même si l’économie se détériore considérablement», argumente la BoE dans son rapport sur la stabilité du système financier.

La BoE attribue cette solidité à «un renforcement substantiel du ratio de solidité financière («common equity tier 1») depuis la crise financière» cette année à 15,8% fin septembre, «trois fois plus élevé qu’au début de la crise» de 2008.

Le Royaume-Uni est l’un des pays les plus touchés par la pandémie de Covid-19 avec le plus grand nombre de décès en Europe et une contraction économique massive attendue à plus de 11% cette année, soit la pire crise en plus de 300 ans.

En mesure d’absorber les pertes liées aux défaillances

Si des «difficultés pour les banques sont anticipées au cours des prochains trimestres à mesure que le chômage, et les défaillances d’entreprises augmentent comparé à leurs niveaux actuels bas» notamment, «les principales banques britanniques sont capables d’absorber des pertes d’environ 200 milliards de livres» (219 milliards d’euros)», poursuit le rapport.

Le Royaume-Uni fait face à un second choc avec le Brexit à l’issue de la période de transition qui s’achève le 31 décembre. Les négociations sont dans l’impasse et le Premier ministre Boris Johnson a déclaré jeudi qu’il existait de forte chance que le pays sorte du marché unique sans accord.

Si «la plupart des risques pour la stabilité financière britannique» ont été contenus en vue de la fin de la période de transition post-Brexit, celle-ci pourrait s’accompagner de «volatilité des marchés et de perturbations des services financiers», particulièrement pour les clients «basés dans l’UE».

La Commission européenne n’a donné pour l’instant que quelques «équivalences» - soit la reconnaissance que la réglementation britannique sur un domaine particulier est équivalente ou au moins aussi bonne que celle de l’UE - au système financier britannique, notamment dans la compensation des dérivés.

Si Bruxelles bloque ou n’accorde pas d’équivalences, une partie des transactions des deux côtés de la Manche pourrait se voir perturbée. Pour tenter d’éviter ces difficultés, les banques britanniques ont établi des entités dans l’UE ou ont développé leurs services dans les centres financiers européens hors de Londres.

Une des craintes de Bruxelles liée au Brexit est de voir le Royaume-Uni, qui voulait en sortant de l’UE s’affranchir du joug réglementaire européen, déréguler son secteur financier, mais l’institut monétaire britannique assure rester «engagé à appliquer des normes prudentielles robustes».

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