Groenland: les Etats-Unis durcissent le ton sur les surtaxes douanières

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Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent avertit les Européens qu’il «serait très mal avisé» de répondre aux menaces de nouveaux droits de douane brandies par Donald Trump.

Les Américains n’ont montré aucun signe d’apaisement lundi envers les Européens, les avertissant qu’il «serait très mal avisé» de répondre aux menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump tant que le Groenland ne sera pas aux mains des Etats-Unis.

Le président américain avait dit plus tôt, dans un message adressé au Premier ministre norvégien, qu’il ne se sentait plus tenu de penser «uniquement à la paix» dans la mesure où il n’a pas obtenu le prix Nobel.

Les tensions entre Européens et Américains ont fait chuter les principales Bourses européennes lundi, après que Donald Trump a menacé d’imposer à huit pays européens - dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne - de nouvelles surtaxes douanières en raison de leur opposition concernant le Groenland, un territoire autonome danois, et que l’Union européenne a promis une riposte.

«Je pense que cela serait très mal avisé», a mis en garde le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, qui s’exprimait devant des journalistes avant l’ouverture du Forum économique mondial à Davos, en Suisse.

«Le président (Trump) voit le Groenland comme un actif stratégique pour les Etats-Unis. Nous n’allons pas sous-traiter à quelqu’un d’autre la sécurité dans notre hémisphère», a-t-il lancé.

«Intérêts communs»

L’UE continue quant à elle de prôner le «dialogue» plutôt que «l’escalade», tout en affirmant qu’elle dispose d’»outils» et est «prête à réagir» dans le cas où le président américain viendrait à mettre à exécution ses menaces dans le domaine commercial.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a à cet égard dit avoir insisté sur «la nécessité de respecter sans équivoque» la souveraineté du Groenland et du Danemark au cours d’une rencontre lundi avec une délégation bipartite du Congrès américain au Forum de Davos.

«Dans le même temps, l’Union européenne reste prête à continuer de travailler étroitement avec les Etats-Unis, l’Otan et d’autres alliés, en étroite coopération avec le Danemark, afin d’avancer sur nos intérêts communs en matière de sécurité», a-t-elle ajouté.

Ces pressions américaines ne modifient pas la position du Groenland, soucieux de son droit à l’autodétermination et sa souveraineté, a affirmé son Premier ministre Jens-Frederik Nielsen.

Il est en cela appuyé par nombre de ses concitoyens, tels Hans Zeeb, qui, interrogé par l’AFP à un arrêt de bus à Nuuk, la capitale groenlandaise, «trouve ça vraiment dommage ce que fait Trump» car, dit-il, «le Groenland n’est pas à vendre».

Le président américain «devrait rester loin de nous car nous vivons ici en paix, sans soucis», renchérit Nina Carlsen, une employée de bureau de 52 ans.

Les dirigeants européens se réunissent jeudi soir en sommet extraordinaire à Bruxelles pour évoquer les récents propos de Donald Trump sur le Groenland et les droits de douane.

Le chef de l’Etat français Emmanuel Macron compte demander l’activation de l’instrument anticoercition de l’UE, qui permet de limiter les importations provenant d’un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer des investissements.

Pour tenter de réduire les risques d’une détérioration de la situation, le chancelier allemand Friedrich Merz a quant à lui fait savoir qu’il allait «essayer de rencontrer le président Trump mercredi». Ce même jour, la question du Groenland sera abordée par les ministres des Finances du G7, dont font partie les Etats-Unis.

«Aucun document écrit»

Dans une lettre adressée au premier ministre norvégien et rendue publique lundi, Donald Trump a pour sa part annoncé qu’il ne se sentait plus tenu de penser «uniquement à la paix» faute d’avoir obtenu le prix Nobel

«Etant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à +PLUS+ de huit guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix», écrit le président américain à Jonas Gahr Store.

Sur le Groenland, poursuit-il, «il n’existe aucun document écrit» prouvant qu’il appartient au Danemark «mais, il y a des centaines d’années, un bateau a accosté à cet endroit et, nous aussi, nous avons accosté là-bas».

Cette missive a été reçue en réponse à un message de M. Store et du président finlandais Alexander Stubb, dans lequel ils ont manifesté leur «opposition à ces augmentations de droits de douane annoncées à l’encontre de la Norvège, de la Finlande et de certains autres pays», a expliqué le cabinet du Premier ministre norvégien.

Dans son message au Premier ministre, Donald Trump réitère son souhait de voir les Etats-Unis prendre le contrôle du Groenland.

«Le Danemark ne peut pas protéger ce territoire contre la Russie ou la Chine», assure-t-il, considérant que «le monde ne sera pas en sécurité tant que nous n’aurons pas le Contrôle Total et Absolu du Groenland».

Face à cela, le Danemark et Groenland ont proposé la création d’une mission de surveillance de l’Otan de cette immense île, a déclaré lundi le ministre danois de la Défense Troels Lund Poulsen.

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